Que fait La French Fab pour le climat ? Réponse dans FABrique Durable. Dans ce nouveau rendez-vous, découvrez la solution d’une entreprise pour rendre l'industrie plus respectueuse de l’environnement. Aujourd’hui, rencontre avec Christophe Deboffe, président de Neo-Eco, qui crée des filières d’économie circulaire dans l’industrie.

« Neo-Eco, ce sont 30 ingénieurs qui ne travaillent que sur des boucles d’économie circulaire. » Voilà comment Christophe Deboffe décrit son entreprise d’ingénierie-conseil. Depuis les Hauts-de-France, elle crée des filières de valorisation des déchets pour de nombreux industriels. Au cœur de son activité : l’économie circulaire, un modèle économique limitant la consommation des ressources et leur gaspillage afin de produire des biens et services durables*. 

Christophe Deboffe et son équipe commencent par caractériser les déchets de leurs clients, « c’est-à-dire identifier le potentiel de la matière ». La mise en place d’un processus de tri est parfois nécessaire. « Avec un mélange, on ne fait pas de miracle. Si on met les biodéchets d’un côté, le plastique de l’autre, ça a beaucoup plus de valeur. » Il faut ensuite développer des procédés de recyclage et une filière locale. 

Donner de la valeur aux déchets

Neo-Eco est le fruit d’une révolte. « J’ai d’abord travaillé chez Valeo, puis pour une entreprise qui transportait des bouteilles en plastique pour Coca-Cola, Danone, Nestlé. Plutôt que de transporter du plastique, j’ai préféré utiliser mes compétences pour le recycler » raconte Christophe Deboffe. C’était il y a 12 ans.

Convaincre ses premiers clients n’a pas été simple. « Aller voir un industriel pour changer son produit, ça ne marche pas. Il faut lui proposer un débouché, un potentiel. » Neo-Eco s’est donc lancé dans la conception d’éco-produits, en plus du recyclage des déchets. « Castorama, au salon Pollutec, nous a demandé de le faire pour eux. Jeunes et fous, on a dit oui. » Résultat : des lattes de terrasse en PVC de fenêtres et bois de palettes, vendus par l’enseigne depuis 10 ans.

L’entreprise a relevé de nombreux défis depuis. Dernier en date : le recyclage de l’amiante avec Valame, société créée avec l’aide de Neo-Eco. « Une fibre d’amiante se compose de silice et de magnésium, qui ne sont pas dangereux pour la santé individuellement. Valame déstructure cette fibre avec de l’acide chlorhydrique, pour obtenir de la silice et du chlorure de magnésium, réutilisables dans l’industrie. » 

Redynamiser l’industrie dans les territoires

Neo-Eco a créé un écosystème de 13 entreprises dont EtNISI à Roubaix, qui fabrique du grès cérame à partir de coquilles de moules. Une approche locale, idéale pour s’adapter aux besoins du territoire. « À Marseille, il faudrait un grès cérame très clair sinon il ferait trop chaud sur la terrasse. À Lille, il peut être anthracite »explique Christophe Deboffe. C’est aussi moins de transports et d’énergie. Le taux d’émissions de CO2 du carrelage d’EtNISI est 7 à 8 fois inférieur à celui d’un carrelage classique.

Une boucle d’économie circulaire locale implique également de mobiliser les acteurs d’un territoire à l’unisson. C’est chose faite pour les prochains JO : « On crée une dynamique entre le territoire Est Ensemble, la Solideo chargée des ouvrages olympiques, les Voies navigables de France et la société du Grand Paris. » L’avenir des installations de 2024 est déjà assuré. 

Neo-Eco, c'est :

  • Une entreprise d'ingénierie-conseil fondée à Haubourdin en 2008 par Christophe Deboffe
  • Une équipe de 30 ingénieurs 
  • 200 éco-produits développés
  • Un écosystème de 13 entreprises, et 200 emplois créés

 

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* D’après la définition du Ministère de la Transition écologique et solidaire