La start-up compte accélérer sa R&D et le développement commercial de sa solution de maintenance prévisionnelle, basée sur l’intelligence artificielle embarquée.

Pas de crise qui tienne. Asystom a bouclé, le 18 juin dernier, une levée de fonds de 1,5 million d’euros pour développer sa solution de maintenance prévisionnelle. Installée à Castelnaudary dans l’Aude, la start-up poursuit sa trajectoire après une première levée de 330 000 euros fin 2018. Holnest, trois family offices, Bpifrance et la région Occitanie ont participé à l’opération.

La solution d’Asystom repose sur l’intelligence artificielle embarquée, grâce à des balises multicapteurs« On récupère des données sur les machines et on en sort des informations qui permettent de projeter des maintenances, des réparations, pour éviter les arrêts de production » détaille Pierre Naccache, président et co-fondateur d’Asystom. Ces balises s’accompagnent d’un service cloud qui stocke et transmet les données collectées sur une plateforme de visualisation.  

Surveiller de loin, au plus près des machines

La maintenance prévisionnelle proposée par Asystom est ancrée dans la vraie vie. Placées sur une machine, les balises captent « sa signature acoustique, vibratoire, de température… » pour étudier son état et anticiper de futurs problèmes. « Les parcs de machines de nos clients sont difficiles à surveiller avec les nouvelles technologies actuelles. Nos balises permettent de suivre des machines totalement différentes dans leurs âges et leurs conceptions » explique Pierre Naccache. Un niveau de complexité qu’il serait difficile d’atteindre avec une solution de surveillance totalement dématérialisée.

Le ralentissement ou la mise à l’arrêt de sites industriels pendant le confinement n’a pas eu d’effet direct sur la demande reçue par Asystom. En revanche, la nécessité de limiter les déplacements a mis en lumière l’intérêt de sa solution, qui permet une surveillance précise sans présence humaine sur site. « Nous avons observé une prise de conscience aiguë sur le besoin de travailler à distance. Pendant la crise, nous avons reçu des commandes pour équiper des stations d’épurations dans de petites villes par exemple, là où les personnes en charge de la maintenance doivent parcourir de grandes distances. »

Avec cette deuxième levée de fonds, Asystom compte accroître ses effectifs pour accélérer son développement commercial, principalement en Amérique du Nord et en Asie du Sud Est. « Nous avons déjà embauché 3 personnes pendant la crise » se félicite Pierre Naccache. L’entreprise souhaite aussi utiliser cette enveloppe pour financer sa R&D.