Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État à l’Économie, a annoncé la signature de contrats entre l’État et 4 fabricants de masques chirurgicaux et FFP2. L’objectif : produire 50 millions de masques par semaine.

 

« Nous reprenons la main sur notre destin. » Pour Agnès Pannier-Runacher, la production industrielle de masques est un enjeu central du déconfinement et de la relance. Interrogée dans l’émission Dimanche en politique sur France 3 le 10 mai dernier, la secrétaire d’État à l’Économie a annoncé la signature de contrats entre l’État et 4 fabricants de masques à usage unique. Cette déclaration se double d’un objectif ambitieux : produire 50 millions de masques chirurgicaux et FFP2 par semaine d’ici octobre 2020.  

Un défi réaliste selon la secrétaire d’État. En mars, la production de ces deux types de masques était de 3 millions et demi d’unités par semaine. Fin mai, elle devrait atteindre 20 millions. Les 4 contrats couvriront les besoins des soignants et du personnel des Ehpad, évalués à 40 millions d'unités par semaine selon l’Élysée. De son côté, le grand public peut aussi compter sur la mobilisation du secteur textile, soutenue par le ministère de l’Économie, pour s’équiper de masques en tissu. 

Si les noms des entreprises concernées n’ont pas encore été dévoilés, la secrétaire d’État a précisé qu’il s’agissait de nouveaux entrants sur le marché. Uniquement des « entreprises françaises, produisant en France, avec des emplois français ». D’après Ouest-France, l’un des sites de fabrication appartient à Intermarché Les Mousquetaires. Le groupement a annoncé l’ouverture de 3 lignes de production de masques FFP2, et 2 lignes pour les masques chirurgicaux, dans son usine Les Celluloses de Brocéliande. 

Vers l’indépendance de la France sur la production de masques

Aujourd’hui, s’approvisionner en masques à usage unique n’est possible qu’auprès de fabricants chinois, à un prix bien plus élevé qu’avant la crise sanitaire. Les coûts ont également augmenté sur l’ensemble de la chaîne logistique. Résultat : les masques chirurgicaux se vendent à 95 centimes d’euros l’unité, contre 8 centimes en février dernier. Les nouveaux contrats signés par l’État rendront possible une meilleure régulation des prix de vente.

Le gouvernement se mobilise aussi pour sécuriser l’approvisionnement des fabricants en matières premières. En tête, le meltblown, ce matériau filtrant utilisé pour les masques chirurgicaux. La Direction générale des entreprises a lancé un appel à manifestations d’intérêt, et financera jusqu’à 30% des dépenses d’investissement des futurs producteurs français de meltblown. À terme, la naissance d’une filière française des masques à usage unique permettra de n’être « plus tributaires de pays de production massive qui décident si on peut importer et à quel prix », conclut la secrétaire d’État.