Une étude réalisée par Bpifrance dresse un premier bilan sur le dispositif Plan Startups et PME Industrielles, un des leviers de France 2030, lancé en octobre 2021.

La France poursuit la transformation des secteurs clés de son économie et les projets portés par les startups et PME jouent un grand rôle dans le processus de réindustrialisation du pays. C’est ce qui ressort d’une étude menée par Bpifrance et parue cet été. « Le Plan Startups et PME industrielles, lancé dans le cadre de France 2030, a vocation à relancer la dynamique industrielle sur l’ensemble du territoire, avec l’innovation comme premier levier », confirme Paul-François Fournier, directeur exécutif Innovation de Bpifrance.

Alors que 18 sites industriels sont sortis de terre durant l’année 2021, on compte d’ores et déjà 25 nouvelles usines dans l’Hexagone sur les six premiers mois de 2022. L’objectif de créer 100 nouveaux sites industriels par an en France d’ici 2025 n’est pas inatteignable tant la dynamique est positive. 

1 milliard d’euros levé par les startups industrielles françaises en 5 mois 

Imaginé pour « répondre aux grands défis de notre temps » et « construire la France de demain », France 2030 a placé l’industrie au cœur de ses enjeux. 54 milliards d’euros déployés afin de fabriquer les « champions de demain. » Cette aide porte ses fruits puisqu’un milliard d’euros a été levé par les startups industrielles françaises entre le 1er janvier au 31 mai 2022. 

Dans le cadre du plan d’investissement France 2030, l’appel à projets « Première usine » vise également à accélérer l’émergence de premières réussites d’industrialisation par des startups industrielles ou des PME /ETI innovantes. 83 projets « Première usine » ont été déposés lors de la relève du 5 avril 2022 et sont en cours d’instruction.

Enfin le Prêt Nouvelle Industrie (jusqu’à 15 millions d’euros pour financer le lancement de démonstrateur industriel, d’usine pilote ou d’usine de production à fort risque technologique ou industriel en France), lancé en mars 2022, compte 10 dossiers en cours d’instruction pour 88 millions d’euros, ainsi qu’une quinzaine de demandes en cours de traitement.

Le choix du Made in France pour la production 

Outre le choix de la stratégie d’industrialisation, l’étude montre que la quasi-totalité des startups industrielles investissant dans des outils de production en propre le font en France, au moins pour le démonstrateur et la première usine. 

Elles s’approvisionnent majoritairement dans l’Hexagone mais, pour celles qui font le choix de sous-traiter, plus de 75 % de ces sociétés le font principalement auprès d’acteurs français. La raison ? Si le choix du Made in France et la volonté de réduire son empreinte carbone sont mis en avant, la réactivité, la maîtrise de la qualité et des risques d’approvisionnement sont également plébiscitées. 

Facteur de compétitivité tant en France qu’à l’export, les startups industrielles constituent une forme de renouveau et d’espoir pour l’industrie française. Elles contribuent clairement à inverser la tendance du solde de création/fermeture de sites.  

Les PME et ETI apportent également leur pierre à l’édifice via l’industrialisation d’innovations de rupture leur permettant de se diversifier sur des segments porteurs, ou grâce au soutien qu’elles pourront apporter aux startups industrielles dans leur stratégie d’industrialisation en France, voire par un rapprochement pouvant aller jusqu’à une consolidation. Le fameux mariage entre la Tech et la Fab. 

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