L’usine Bultex du groupe COFEL, leader de la literie en France, s’agrandit et investit dans l’automatisation afin de faciliter le travail de ses opérateurs et gagner en productivité. Et ce, tout en intégrant les problématiques de développement durable, comme l’explique François Bienfait, directeur du site.

Située à Noyen-sur-Sarthe, près du Mans, l’usine Bultex développe son expertise dans la fabrication de matelas et de sommiers « made in France » sur près de 24 000 m². Et ce sont bientôt 3 200 m² qui viendront s’ajouter en mai prochain, après un an de travaux : une extension dans laquelle le groupe COFEL (qui détient également les marques Mérinos et Epéda) a investi quelque 3,5 millions d’euros.

Pour l’usine, cet agrandissement représente l’opportunité d’étendre son atelier et d’internaliser la découpe de mousse, opération auparavant sous-traitée. « Nous allons dorénavant recevoir des blocs de mousse compressés au lieu de plaques déjà découpées, ce qui nous offrira plus de souplesse dans notre process, pour couper nous-mêmes les mousses selon les différentes dimensions des matelas. C’est également un gain économique et écologique, car se faire livrer des blocs compressés, moins volumineux que les plaques, permettra de diviser le transport par cinq et donc d’émettre moins de CO2 », détaille François Bienfait, directeur de l’usine de Noyen-sur-Sarthe.

Le développement durable, un enjeu intégré dans le mode de production

Que ce soit dans son mode de fabrication ou au sein même de ses produits, le groupe œuvre en effet à l’intégration des problématiques de développement durable. Une dynamique qui se traduit, entre autres, par l’installation d’ombrières photovoltaïques sur un nouveau parking, ce qui permettra à l’usine d’être autonome en électricité. L’extension sera quant à elle coiffée de toits blancs à même de refléter les rayons du soleil et renvoyer la chaleur, évitant ainsi le besoin de climatisation.

« Nous travaillons également sur l’enjeu du recyclage et de l’économie circulaire : les déchets de mousse sont transformés en balles textiles, qui sont recyclées en feutre pour nos sommiers ou pour l’insonorisation de véhicules. Les plastiques dans lesquels les tissus sont livrés sont eux aussi recyclés, tout comme les palettes de bois utilisées », précise François Bienfait. Bultex s’oriente par ailleurs vers des matériaux plus écologiques pour ses matelas : grâce à des développements réalisés avec ses partenaires, la marque lance une mousse « green » avec 20% de composants (polyols) issus du recyclage.

Concilier automatisation et savoir-faire manuel

L’automatisation des process est un autre axe que la marque souhaite améliorer, pour gagner en productivité et faciliter le travail de ses opérateurs – en particulier en haute saison, où la cadence de production se fait plus soutenue pour l’usine. « Notre métier est très saisonnalisé, avec deux périodes chargées : les soldes d’hiver et l’été. Il y a une grande variation de production : nous passons de 2 850 matelas produits en basse saison à 6 500 matelas par semaine. Le respect du bien-être de nos collaborateurs est au cœur de nos préoccupations, que ce soit au niveau des horaires ou des tâches à réaliser », assure le directeur de l’usine, qui emploie jusqu’à 110 personnes au plus fort de l’activité.

Des achats de nouvelles machines sont programmés pour l’extension de l’usine, permettant d’automatiser la décompression et la découpe des blocs de mousse, ainsi que les opérations de surjetage. Mais comme l’explique François Bienfait, le savoir-faire manuel des opérateurs reste primordial : « Notre métier est certes mécanisé mais il nécessite le “coup de patte” humain car nous travaillons en petite série et avec des matières nobles, ce qui rend l’automatisation très complexe. Nous avons par exemple robotisé la ligne des sommiers pour l’assemblage des différentes pièces en bois, mais ces derniers sont finalisés à la main, pour l’habillage avec du tissu ».

L’usine Bultex fabrique 220 000 matelas et 80 000 sommiers par an, pour un chiffre d’affaires estimé à 85 millions d’euros. Une production que l’entreprise compte accroître dans les années à venir – tout en continuant à progresser sur les enjeux liés à l’industrie 4.0 et la transition écologique.