Ça bouge dans nos territoires. Pour vous le prouver, La French Fab part à la rencontre des plus belles initiatives dans nos Fabuleuses Régions. Aujourd’hui, direction Fessenheim en Alsace. Ebiomass prévoit d’y implanter une usine de biocombustibles, et de créer plusieurs centaines d’emplois. 

Entre 350 et 700 nouveaux emplois pérennes. Ebiomass affiche ses ambitions pour Fessenheim, où la plus ancienne centrale nucléaire de France s’apprête à tirer sa révérence fin juin 2020. Jeudi dernier, l’entreprise spécialisée dans les biocombustibles a dévoilé son nouveau projet d’usine de black pellets, des granules de bois à haut pouvoir calorifique industriel (HPCI). Ces nouveaux emplois « non-délocalisables » se répartiront entre la construction du site, son exploitation et l’activité de la filière bois, d’après le communiqué de l’entreprise. 

Coût estimé de la nouvelle usine ? Entre 50 et 90 millions d’euros. Le site commencera son activité d’ici 2024, pour atteindre une capacité de production de 125 000 à 250 000 black pellets HPCI par an. Elle s’ajoutera au premier ensemble industriel d’Ebiomass, implanté sur la plateforme agro-industrielle de Pomacle-Bazancourt dans la MarneComposé d’une usine où seront fabriquées jusqu’à 120 000 tonnes de black pellets HPCI par an, et d’une centrale récupérant la chaleur et la vapeur d’eau générées pendant la production, il sera mis en service en septembre 2020. 

Une relance verte sur les bords du Rhin

« Avec le lancement de cette nouvelle filière, nous entendons démontrer qu’une relance verte est possible, et dès aujourd’hui » affirme Jean-Baptiste Marin, son président. Les deux usines sont les premières en France à produire ce biocombustible à partir de résidus forestiers, selon la technique du vapocraquage. Le bois, transformé à l’aide de vapeur d’eau, voit son potentiel énergétique décuplé. Les granules obtenus servent d’énergie de chauffage neutre en carbone pour les industriels et les collectivités. Ce combustible présente aussi un intérêt économique : il est 2 fois moins cher que le fioul et 25% moins cher que le gaz. 

L’annonce du projet constitue un symbole fort pour la réindustrialisation de la région. L’usine s’intégrera au parc d’activités EcoRhéna, un projet franco-allemand de zone industrielle et fluviale destinée à revitaliser Fessenheim après l’arrêt du dernier réacteur de sa centrale. Une reconversion économique et énergétique, pour laquelle Ebiomass compte mobiliser son réseau. « Nous appelons aujourd’hui tous les acteurs économiques à s’engager à nos côtés pour valider la concrétisation de ce projet. Clients, fournisseurs, prestataires potentiels, nous lançons un appel pour recevoir les lettres d’intérêts qui viendront attester de leur engagement à nos côtés » conclut Jean-Baptiste Marin.