Malgré la crise du covid-19, la fabricant de cartes et équipements électroniques BSE Electronic a continué de répondre à la demande. Entretien avec Marc Balussaud, président de l'entreprise. 

Si la crise n’est pas sans conséquence pour BSE Electronic, elle n’en constitue pas moins l’occasion de réaffirmer les priorités de l’entreprise. Entre Made in France et croissance externe, son président, Marc Balussaud, se prépare à saisir les opportunités qui se présenteront. 

BSE Electronic a poursuivi ses activités pendant le confinement : cela a-t-il permis d’atténuer ses effets ?  

Pendant le confinement, nos usines ont fonctionné et certains collaborateurs ont été en télétravail. Malgré certaines perturbations du côté des transports, nous avons été en mesure de répondre à la demande sans discontinuer. En revanche, nous avons dû faire face à des reports de contrats et certains clients n’ont pas pleinement repris leur activité. Nous avons investi dans de nouveaux outils de production l’année dernière, mais ils ne fonctionnent qu’à 40 % de leurs capacités, quand nous espérions atteindre entre 60 % et 80 %. La chute a été rapide, mais nous pensons que la reprise le sera également.  

Quels éléments vous permettent de croire en cette reprise rapide ?  

Nous avons été très actifs sur le plan de la prospection commerciale pendant le confinement. Nous avons noué de nombreux contacts et avancé grâce aux outils digitaux, avant de concrétiser les discussions via de vraies rencontres, une fois le confinement levé. Nous avons notamment été retenus pour notre flexibilité, que la crise n’a fait que confirmer.  

La crise sanitaire vous pousse-t-elle à revoir votre organisation  

Nous sommes revenus à notre organisation initiale en intégrant les outils digitaux que vous avions pris en main pendant le confinement. Par exemple, toutes les réunions avec nos actionnaires ou notre syndicat professionnel se font maintenant en visioconférence. 

Et votre cartographie des risques ? 

Nous avions déjà intégré le risque de pandémie dans nos scénarios, à la suite du SRAS et de la grippe H1N1. Nous étions équipés en masques et avions des procédures préétablies, que nous avons ajustées aux spécificités de cette pandémie. Il est certain que les pandémies vont désormais être plus prégnantes dans nos cartographies des risques, même si nous espérons qu’une deuxième vague ne viendra pas porter un nouveau coup à l’économie.  

L’innovation, et donc les financements, jouent un rôle important dans votre secteur d’activité : sont-ils menacés ?  

BSE Electronic n’a pas de problème de financement, bien au contraire. Nous allons poursuivre notre programme d’investissement. Les choses sont peut-être plus difficiles pour les entreprises plus petites, ou plus jeunes.  

Des opportunités devraient naître du contexte actuel. Certains groupes se restructurent et pourraient céder des filiales, tandis qu’à moyen terme certaines sociétés pourraient chercher des acquéreurs.  

Quelles que soient les opportunités qui se présenteront, l’essentiel, pour notre entité industrielle, est de continuer à travailler au sein de notre écosystème, autour du Made in France.