La France a accueilli plus de projets d’investissements que l’Allemagne et le Royaume-Uni en 2019. Elle se place en tête du classement européen de l’attractivité, en partie grâce à son industrie. 

La French Fab peut lever son verre. En 2019, la France s’est placée en tête des destinations européennes pour les investissements internationaux, d’après le Baromètre EY de l’Attractivité. Avec 1 197 projets d’investissements annoncés, soit 17% de plus qu’en 2018, elle a dépassé pour la première fois le Royaume-Uni (1 109 projets) et l’Allemagne (971). Une belle performance, portée en grande partie par l’industrie. 

Juste après la R&D, c’est en effet dans les filières industrielles que la majorité des investissements ont eu lieu. Les projets de création ou d’extensions d’usines ont augmenté de 20% entre 2018 et 2019, faisant de la France la championne européenne des investissements étrangers dans l’industrie. Les régions industrielles historiques comme les Hauts-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes confirment leur attractivité, en accueillant 28% des nouveaux projets. D’autres régions affichent leur dynamisme : le nombre de projets réalisés a ainsi augmenté de 144% en Ile-de-France et de 114% en Bourgogne-France-Comté. 

Une carte à jouer dans l’industrie 4.0

 Qu’en sera-t-il après la crise ? D’après EY, l’épidémie de Covid-19 entraînera bien un ralentissement des investissements internationaux. 25% des dépenses prévues en France en 2019 seront différées ou révisées, et 10% annulées. En revanche, les 65% restantes seront maintenues. Et la crise ne devrait pas bouleverser le classement de l’attractivité. Un ralentissement similaire sera observé dans toutes les grandes destinations européennes d’investissement. 

Autre conséquence de la crise : la réouverture du débat sur la relocalisation des filières de production. Une piste à explorer selon Pascal Cagni, ambassadeur aux investissements internationaux, et Christophe Lecourtier, directeur général de Business France. « La France, grâce notamment à son savoir-faire dans l’industrie 4.0, a une carte à jouer dans les relocalisations associées à des développements d’innovations compétitives », ont-ils déclaré. 41% des dirigeants interrogés par EY estiment d’ailleurs que la croissance de la France sera soutenue par les industries de haute technologie et de l’innovation en 2020.  

À plus long terme, les évolutions de l’industrie et de la supply chain seront un facteur déterminant dans les décisions d’investissement à l’international. D’après le baromètre d’EY, 82% des investisseurs favoriseront les destinations engagées dans l’automatisation et digitalisation de leurs processus, notamment industriels. 56% seront également attentifs à la décarbonation et à la réimplantation des chaînes d’approvisionnement.