Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique, vient de tripler le montant du plan Coup de Pouce Vélo annoncé fin avril. Une bonne nouvelle pour les équipementiers comme Altinnova, prêts à déployer leurs solutions en ville.

Un coup de pouce de 60 millions d’euros. C’est le budget alloué au plan de soutien à la pratique du vélo, annoncé fin avril par le ministère de la Transition écologique et solidaire. Initialement doté de 20 millions d’euros, le montant du fonds vient d’être triplé pour encourager l’usage massif du vélo pendant le déconfinement. Les cyclistes pourront bénéficier d’un forfait de 50 euros pour faire réparer leurs vélos auprès de réparateurs listés sur la plateforme Coup de Pouce Vélo. Et les collectivités recevront un financement de 60% de leurs dépenses d’investissement pour la création de places de stationnement temporaires. 

Côté équipementiers, des solutions sont déjà prêtes pour équiper les villes. « Sur un site, on peut déployer 300 places de stationnement en 20 minutes. C’est vraiment très rapide », se félicite Corinne Verdier, présidente d’Altinnova. L’entreprise basée dans la Loire conçoit et fabrique des équipements pour les aménagements cyclables, comme des racks de stationnement mobiles. Les cyclistes de la région parisienne auront bientôt l’occasion de les utiliser. « Nous avons reçu une commande de stationnements pour la nouvelle autoroute du vélo, qui va relier La Défense à Paris via le pont de Neuilly. Cela représente un peu plus de 400 places. » 

Pédaler dans la durée

Pour la Fédération des usagers de la Bicyclettel’association Vélo et Territoires, le Club des villes et territoires cyclables ou les fabricants d’équipements, le vélo est la solution pour assurer la sécurité sanitaire pendant les déplacements. La reprise rapide a été anticipée par toute la filière, qui s’y est préparée pendant le confinement. Chez Altinnova« on a priorisé les produits “déconfinement” par rapport à d’autres projets, et on a lancé des approvisionnements massifs pour être prêt. » 

Le gouvernement conçoit ce plan comme un coup d’accélérateur pour une transition durable. « Nous voulons que cette période fasse franchir une étape dans la culture vélo, et que la bicyclette soit la petite reine du déconfinement », a expliqué Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique, au Parisien. Pour Corinne Verdier, un retour en arrière n’est pas à craindre, même si les aménagements financés sont temporaires. La dynamique en faveur du vélo ne date pas d’hier, il s’agit aujourd’hui « de réaliser en quelques mois ce qui aurait été fait en 2 à 5 ans ».  

Pour Altinnova, “il faut faire sentir que le vélo est le bienvenu”

Pérenniser l’usage du vélo en ville nécessite toutefois de répondre à deux enjeux. Le premier concerne la valorisation de la pratique. « Il faut accompagner le changement de culture dans la ville, faire sentir que le vélo est le bienvenu. Cela passe par des services comme des stations de gonflage, de réparation, sur des points stratégiques de circulation », précise Corinne Verdier. 

Second enjeu : la sécurité. « Aujourd’hui, 25% des personnes qui se font voler un vélo n’en rachètent pas. La question du stationnement sécurisé est centrale » rappelle Corinne Verdier. Les zones d’intermodalité (gares, arrêts de bus ou de métro), les zones de destination (entreprises, centres commerciaux) et le domicile constituent les trois points sensibles. C’est particulièrement vrai dans les centres-villes, où les logements anciens ne permettent pas toujours d’installer un local à vélos.  

Pour résoudre ce problème, Altinnova a conçu des abris à vélos « que l’on installe sur une place de stationnement auto. On remplace une place pour les voitures par 5 à 10 places de stationnement sécurisées pour les vélos. » Ces box sont déjà présents dans de nombreuses villes françaises. La dernière en date : Lille, où la demande a dépassé l’offre de stationnement prévue. 10 nouveaux box vont bientôt s’ajouter aux 45 déployés fin 2019.