Depuis le début de la crise, les PME françaises de la Robotique se mobilisent pour proposer des systèmes servant à la lutte contre le Covid-19 et ainsi soutenir la reprise d’activités sous les contraintes sanitaires 

Un rapprochement certain entre grands groupes et PME innovantes. En décembre 2019, le secteur de la robotique a commencé à revoir son organisation en proposant un plan d’actions dans le cadre du projet de filière technologique Machines Intelligentes et Robotique présenté par la Fédération de Clusters de Robotique. L’objectif est clair : favoriser le co-développement et la co-innovation.  

Et la crise sanitaire n’a fait qu’accélérer ces initiatives. « Les collaborations agiles entre des acteurs industriels maîtrisant les procédés et leur mise en œuvre, les systèmes intelligents et leur intégration aux environnements numériques sont la clé de ces innovations », précise Philippe Bidaud, directeur scientifique à l’Office national d'études et de recherches aérospatiales (ONERA) 

Un consortium de PME innovantes avec AKEOPLUS, PharmaPlan et Hellomoov 

Plusieurs exemples illustrent d’ailleurs ce potentiel d’innovation et la capacité qu’ont ces sociétés à adapter leurs technologies aux besoins variés du marché. Dès les premières annonces du gouvernement, AKEOPLUS (Robotique et Digital), Hellomoov’ (mécanique modulaire et transitique) PharmaPlan (ingénierie pharmaceutique) ont décidé de créer un consortium de compétences inédites avec une vision commune. Le trio s’est fixé comme objectif de proposer une solution autonome de désinfection protégeant et libérant le personnel dans les espaces publiques, les entreprises privées et les établissements médicaux.  

C’est ainsi que début avril, le consortium a pu développer le RED, un « robot intelligent autonome, qui communique grâce à sa plateforme digitale ergonomique et simple d’utilisation ». Une technologie capable d’assurer l’automatisation et la récupération des données de 100% des missions de désinfection, sans intervention humaine.  

Robotique : des usages réorientés  

Pour Stéphane Morel, CEO d’AKEOPLUS, la crise actuelle « est en train de déclencher une prise de conscience qui représente une opportunité majeure pour les industries françaises qui sont à la recherche d’une différenciation par rapport aux grands de ce monde. Si jusqu’à maintenant la robotique était majoritairement exploitée à des fins de productivité, ces usages seront dans les mois qui suivent réorientés : repenser le secteur industriel, valoriser le secteur du soin, sécuriser le retail et la logistique » 

Autre exemple illustrant la mobilisation du secteur de la robotique, celui de Shark Robotics, qui a rapidement réorienté sa production pour offrir des solutions à la crise sanitaire. L’entreprise a pensé deux robots de désinfection de surfaces, Rhyno Protect et l’Evobot Dpouvant aussi bien servir dans les hôpitaux, les EHPAD, les écoles que dans des entreprises, gares, aéroports et métros et a réalisé une première vente auprès du ministère de l’intérieur italien.  

« Le secteur robotique n’est pas un secteur à part entière comme l’agriculture ou le tourisme. Au quotidien, nous constatons que la robotique s’applique en réalité à tous les secteurs de l’économie : la sécurité, l’énergie, la défense, la logistique etc… Le secteur privé comme le secteur public se rendent compte de ses bienfaits et de son utilitéSi certains opposent souvent le robot à l’Homme, nous pensons au contraire, que leur action est complémentaire. Le robot est avant tout un outil innovant au service de l’Homme », conclut Cyril Kabbara, cofondateur de la PME.