La PME familiale Ogeu a récemment lancé la marque d’eau minérale régionale Lutécia. Produite en Ile-de-France, sa bouteille est composée à 30% de matière végétale issue de résidus de canne à sucre.

Océans, plages, mers, rivières… Les déchets plastiques, à l’instar des bouteilles, prolifèrent dans la nature et sont pointés du doigt pour leur impact négatif sur l’environnement. Confrontées directement à cette situation, les marques d’eau s’engagent de plus en plus dans la recherche de solutions durables. C’est le cas d’Ogeu, groupe familial bicentenaire, qui détient plusieurs marques d’eau minérale régionales telles que l’historique Ogeu, Plancoët en Bretagne, Sainte Baume en Provence, ou encore Valécrin dans l’Isère et Quézac en Lozère, acquises récemment.

Depuis septembre dernier, l’entreprise basée à Ogeu-les-Bains commercialise également une marque d’eau minérale baptisée Lutécia. Embouteillée en plein cœur de la vallée de Chevreuse, sur le site de Saint-Lambert-des-Bois dans les Yvelines (repris par le groupe en 2013), elle se démarque par une particularité : la bouteille est recyclable à 100 % et composée de près d’un tiers de matières végétales.

Composition végétale à 30 %

« Une bouteille en plastique classique est composée de matériaux tels que le PTA (ndlr : acide téréphtalique), à hauteur de 70 %, et le MEG (monoéthylène glycol), à hauteur de 30 %, qui proviennent des énergies fossiles. Dans la bouteille de Lutécia, nous avons substitué les 30 % de MEG par une matière végétale qui vient des résidus de canne à sucre », indique Mathieu Lignac, directeur marketing du groupe Ogeu. Ce pourcentage de 30% n’est qu’une première étape pour la PME, qui compte augmenter la présence de ce matériau innovant (Bio Based PET) dans ses bouteilles au fil des années.

Autre point, « Le plastique biosourcé a toujours posé des problèmes de recyclabilité. On ne pouvait pas le recycler avec les plastiques classiques. Notre bouteille Lutécia, avec ses 30 % de matière végétale, est 100 % recyclable avec les autres bouteilles en PET classique. Autrement dit, elle ne perturbe pas le cycle de recyclage », affirme Mathieu Lignac. Enfin, avec sa marque francilienne, Ogeu s’engage à réduire son empreinte carbone en ne dépassant pas 150 kilomètres entre le lieu d’embouteillage et le point de vente.

Si le groupe béarnais n’est pas aux prémices de ses efforts en faveur de l’environnement – il utilise, par exemple, des encres végétales pour les étiquettes de certains de ses produits telles que les bouteilles de la marque Quézac – il reste à l’affût de nouvelles technologies pour avancer vers des solutions d’emballage vertueuses pour l’environnement. L’entreprise compte également intégrer ces nouvelles ambitions dans sa stratégie de communication : « Nous allons de plus en plus sensibiliser les consommateurs aux gestes de tri », souligne Mathieu Lignac. Le chemin est encore long dans ce domaine : si les bouteilles en plastiques sont recyclables, seulement près de 60 % des bouteilles en France sont aujourd’hui triées et recyclées.

Le groupe Ogeu, c’est :

  • 250 collaborateurs
  • C.A. (2019) : 79 millions d’euros
  • 400 millions de litres d’eau embouteillée par an
  • 6 sites de production en France