Passé le choc des débuts du confinement, la supply chain peut compter sur des solutions innovantes pour retrouver son rythme. Et se préparer aux exigences du monde d’après.

Chauffeurs-livreurs, préparateurs de commandes et managers supply chain, tous ont redoublé d’efforts pour ajuster leur activité ces dernières semaines. Chez FM Logistic : "nous discutons avec nos clients pour prioriser ensemble ce qu'il convient de faire, comme privilégier les produits de première nécessité" a déclaré Jean-Christophe Machet, son PDG, aux Échos début avril. La supply chain n’a cependant pas attendu la crise pour innover. Elle dispose aujourd’hui de nombreux outils pour s’adapter.  

IA, blockchain et algorithmes, nouveaux maillons de la chaîne 

Le nerf de la guerre ? Les données. Une connaissance fine de tous les indicateurs est essentielle à la maîtrise de chaînes d’approvisionnement de plus en plus complexes. Et elle se révèle cruciale en période troublée, pour répondre en temps réel aux évolutions de la demande. Shippeo, qui vient de lever 20 millions d’euros, s’est penché sur le problème. La start-up propose une plateforme qui agrège les différentes sources de données de la supply chain de ses clients, grâce à l’intelligence artificielle. De quoi leur offrir une meilleure visibilité et faciliter la prise de décision.

La traçabilité constitue un autre enjeu majeur dans le domaine de la santé, pour authentifier les produits et éviter les contrefaçons. Le défi peut être relevé grâce à la technologie blockchain, qui permet de transmettre et stocker des informations de manière décentralisée. On pense alors à Ownest et son système de traceur numérique, qui transfère la responsabilité des biens transportés de manière sécurisée entre les différents acteurs de la chaîne. 

Et pour pallier les fluctuations rapides de l’offre des prestataires de livraison, les marchands peuvent se tourner vers l’algorithme de Cubyn. Sa technologie identifie le transporteur le plus compétitif, en s’appuyant sur des données actualisées en temps réel. 

Distanciation sociale, de l’entrepôt au dernier kilomètre

Les changements rapides de l’offre et de la demande ne sont pas le seul défi posé à la supply chainIl est aussi nécessaire de pratiquer la distanciation sociale à chaque étape. Dans les usines, Balyo peut apporter une solution. L’entreprise a mis au point un logiciel de guidage par caméras 3D, qui dirige les véhicules sans conducteur. L’objectif de son directeur général, Fabien Farbinet, est de protéger les salariés : "Il y a 200 milliards de mouvements de palettes par an, dont moins de 1% est fait par des robots […] Si on arrive à automatiser 30 à 40% de ce volume à horizon de 10 ans, on aura fait des progrès considérables pour la sécurité" a-t-il affirmé à BFM TV.

Au dernier kilomètre aussi, la distance peut être privilégiée. Finies les signatures et la remise en mains propres. Les livreurs se protègent en limitant les contacts, et n’hésitent plus à déposer le colis dans l’ascenseur ou sur le pas de la porte. Des adaptations nécessaires mais moins sécurisées pour les clients. Les casiers connectés pour particuliers de Boks répondent à ce problème. Il suffit d’un code pour y déposer un colis ou le récupérer. La start-up vient d’ailleurs de lever 1,2 millions d’euros en mars 2020 pour développer sa solution.