« Transmettre, c’est faire vivre le savoir-faire » : Longchamp au service des générations futures lors du Tour de France de nos industries
Lors de la quatrième étape du Tour de France de nos industries, mardi 7 octobre, le bus bleu de la tournée organisée par Bpifrance, La French Fab et Opco2i, sous sa marque Avec l’industrie, et visant à mettre en valeur les divers métiers du secteur auprès des jeunes, s’est rendu à Ernée, en Mayenne. C’est là, qu’est niché « l’un des symboles de l’organisation industrielle » de la marque de luxe et entreprise familiale Longchamp, a rappelé David Burgel, son directeur industriel. Devant un groupe de collégiens de la région venus visiter l’atelier de manufacture et découvrir les différentes étapes de fabrication d’un sac Longchamp, l’histoire et la raison d’être de cette entreprise créée en 1948, à Segré (Pays de la Loire), a été exposée. Origine du groupe, organisation de l’activité de la maison familiale, mode de fabrication en France et à l’international, fierté de faire partie des EPV (Entreprise du patrimoine vivant), le lancement du « fameux sac pliage » en 1993, part des femmes travaillant dans les usines Longchamp en France sur 1 000 collaborateurs… Par la suite, les plus de 180 jeunes qui sont venus visiter l’usine d’Ernée lors de la matinée, ont pu se familiariser avec la patte, le savoir-faire et la vocation de transmission de ce fleuron de la maroquinerie. Big média s’est entretenu avec Clarisse Goyet, responsable du site de production d’Ernée depuis 2020 et Maelys, alternante modéliste, passionnée d’industrie.
Big média : Comment êtes-vous arrivées dans l’industrie ?
Clarisse Goyet : J’ai commencé ma carrière dans un atelier de confection à Château- Gontier (Mayenne), où j’ai travaillé pendant sept ans, jusqu’à ce que l’entreprise ferme ses portes. Mais, à vrai dire, la confection ne m’apportait pas l’épanouissement que je recherchais. À cette époque, nous avons appris que Longchamp venait implanter son savoir-faire en maroquinerie chez nous. J’ai saisi cette opportunité… et je ne suis jamais repartie. Cela fait maintenant 25 ans que je travaille chez Longchamp, dont 14 années en tant que maroquinière. Par la suite, je suis devenue responsable d’atelier, et depuis 2020, je dirige le site de production d’Ernée.
Maelys : Après un bac professionnel en maroquinerie, option cuir, au lycée Blaise Pascal de Segré (Pays de la Loire) j’ai poursuivi mes études avec un BTS au lycée de la mode de Cholet. C’est à ce moment-là que j’ai intégré Longchamp, en alternance. J’ai commencé sur le site d’Ernée, au sein d’une ligne multiproduits, ce qui m’a permis de découvrir une grande diversité de modèles. Aujourd’hui, je suis en licence et je me forme au métier de modéliste. Depuis la classe de 4e, je sais que je veux travailler dans l’industrie de la mode, et plus particulièrement dans la maroquinerie. J’ai eu la chance de découvrir Longchamp grâce à un stage, et cela fait maintenant trois ans que j’y travaille.
Big média : Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier et qu’y apprenez-vous au quotidien ?
Maelys : Ce que j’aime dans mon métier de modéliste, c’est de partir d’un dessin de styliste et de le transformer en un produit concrètement réalisable. Nous recevons un grand nombre de dessins chaque année, mais seuls quelques-uns sont finalement produits. Notre mission, c’est de faire en sorte que les idées puissent être transformées en pièces fabriquées en série, dans un cadre industriel. Ce que je préfère, c’est voir une création prendre forme, faire des essais, ajuster. Mais ce qui me passionne encore plus, c’est le cuir. C’est une matière vivante, complexe, qui offre une grande richesse. Il y a une vraie noblesse dans le cuir : son toucher, son odeur, sa variété… Travailler cette matière est un plaisir au quotidien.
Big média : Quel est le rôle et le quotidien d’une responsable de site industriel ?
Clarisse Goyet : Chaque matin, je commence par faire le tour de l’atelier pour saluer l’ensemble de mes collaborateurs. Ensuite, je fais un point sur l’activité : ce qui s’est passé la veille, les éventuels incidents, les performances des lignes de production, les aspects qualité, avant de fixer les objectifs du jour. Je suis aussi présente sur le terrain pour accompagner les équipes, les soutenir dans leurs tâches. Et si besoin, je n’hésite pas à intervenir directement, à retourner sur les machines.
BM : Le Tour de France de nos industries vise à valoriser les métiers industriels auprès des jeunes. Que signifie pour vous, le mot “transmettre” ?
Clarisse Goyet : Transmettre, c’est montrer concrètement aux collaborateurs comment on fabrique un sac, comment on lui donne sa forme, en somme, comment un simple assemblage de matières devient un véritable sac. Je leur rappelle toujours l’importance de réfléchir à chaque étape, à chaque geste. Je n’en serais pas là aujourd’hui si, moi-même, je n’avais pas reçu cette passion en héritage. Ce sont les anciens, ceux qui sont partis à la retraite, qui nous ont transmis leur savoir-faire. Mon parcours a aussi été marqué par les formations que j’ai suivies. J’ai commencé comme maroquinière, je sais fabriquer un sac de A à Z. En 14 ans de métier, j’ai appris l’ensemble des opérations. J’ai également été formée au management, car les compétences relationnelles sont essentielles dans ce métier. Et à mon tour, j’ai pu transmettre tout cela à Maelys.
BM : Quel message aimeriez-vous adresser aux jeunes qui veulent travailler dans l’industrie ?
Maelys : Il ne faut pas hésiter à tenter l’expérience dans l’industrie, on peut vraiment y faire de belles découvertes. Chez Longchamp, même si c’est une entreprise industrielle, il y a une vraie dimension artisanale. Les journées ne se ressemblent pas, les tâches varient beaucoup. J’ai appris les gestes, les techniques, le savoir-faire Longchamp, en observant attentivement, en écoutant les autres, et en prenant beaucoup de notes. Dans ce secteur, chaque métier compte. Chacun apporte sa contribution, on avance tous dans la même direction, avec un objectif commun.
Clarisse Goyet : Travailler dans l’industrie, et plus particulièrement dans la maroquinerie, demande de la dextérité et beaucoup de patience. Vous avez rencontré Maelys : c’est moi qui lui ai fait découvrir ce métier quand elle était en classe de quatrième. Par la suite, elle est partie faire son BEP et son Bac Pro dans une autre entreprise. Je tenais à ce qu’elle se forme ailleurs, pour qu’elle acquière d’autres expériences. Pour son BTS, nous l’avons accueillie ici, et aujourd’hui elle est à Segré. Finalement, c’est un métier qu’on apprend à aimer progressivement. On fabrique de belles choses, on crée constamment. Et quand on voit des gens porter des sacs Longchamp ou qu’on aperçoit nos pièces dans des publicités, on ne peut qu’en être fiers.
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