Installée à proximité de Vitré, la société dirigée par Philippe Cha se démarque grâce à une stratégie de diversification de ses activités ayant fait ses preuves depuis 50 ans. Plongée au sein d’une entreprise atypique. 

La Française des Plastiques (LFP) est née d’une aventure familiale. Créé en 1929, le groupe Pigeon est alors dans les travaux publics, le béton et le négoce de matériaux. Mais en 1972, Alain Pigeon, suite à une promesse électorale de favoriser les emplois féminins, crée l’entreprise LFP et opère le virage stratégique qui fait encore sa force aujourd’hui : la diversification de ses activités avec un focus sur le plastique. Récemment labellisée « Vitrine Industrie du Futur », la société bretonne possède des ambitions à la hauteur des opportunités toujours plus nombreuses que lui offre son statut de spécialiste de la transformation des matières plastiques en France.

 « Ne jamais dépasser les 10 % de chiffre d’affaires par client »  

La cosmétique, le bâtiment, l’automobile, l’agro-alimentaire, le médical, les télécommunication, l’aéronautique… La Française des Plastiques est sur tous les fronts. Et pas seulement dans l’Hexagone puisqu’elle possède des clients un peu partout en Europe, aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique.

Spécialisée dans la transformation des matières plastiques par injection (pièces-rigides en plastique) et par extrusion gonflage (sacs spécifiques pour l’agro-alimentaire), l’entreprise dirigée par Philippe Cha compte près de 800 clients. « Nous travaillons pour des secteurs très différents avec de nombreux interlocuteurs », explique le directeur général de LFP. « Mais notre volonté est de ne jamais dépasser la barre fatidique des 10 % de chiffre d’affaires par client. Notre plus gros client représente seulement 7 % de notre C.A et nous surveillons aussi le poids de chaque secteur d’activité. Cette stratégie fait notre force. »

Présente dans le secteur de l’automobile, mais également dans le médical et le bâtiment, l’entreprise a vu son activité à l’arrêt sur ces secteurs durant 8 semaines lors de la crise de 2020. « Mais au même moment, les demandes d’emballages, par exemple, ont connu un boom sans précédent dans l’agro-alimentaire, une branche dans laquelle nous comptons de nombreux partenaires. Nous n’avons donc pas arrêté l’usine un seul jour. Nous avons également participé à l’effort national en produisant sans relâche des tabliers jetables pour les hôpitaux. » S’adapter et jongler en compensant un chiffre d’affaires par un autre, un numéro d’équilibriste qui a permis au groupe de réaliser un CA de 59 millions d’euros en 2021.

Le curseur placé sur la RSE et la production locale  

Développer la production de plastique dans une démarche responsable peut s’avérer complexe. Néanmoins, LFP ne fabrique pas de plastiques à usage unique à destination des consommateurs, mais des pièces injectées pour le secteur automobile (colliers, pièces sous capot et d’habillage extérieur), pour le secteur médical (éléments de tests biologiques, implants), pour le bâtiment et les travaux publics (éléments de filtration de l’eau, isolation, signalisation, sécurité), pour le sport (planches à voile), etc.

L’entreprise basée en Bretagne peut également se targuer d’investir en masse dans le photovoltaïque, « un peu plus de 3 millions d’euros afin de couvrir, sous 2 ans, 18 % de notre consommation d’énergie », explique Philippe Cha. Car en ces temps de crise, les dépenses en électricité vont représenter pour LFP un coût cinq fois plus important en 2022, par rapport à 2021.

Par ailleurs, le positionnement local de La Française des Plastique permet aux industriels qu’elle fournit de sourcer en local et donc « d’éviter les risques de pénurie, comme on peut le voir actuellement avec la guerre en Ukraine », ajoute Philippe Cha.

Certifiée dans de nombreux domaines (ISO 9001, ISO 13485, IATF 16949, ISO 50001 et BRC), avec une logique éco-responsable intégrée dans la stratégie globale, LFP a également reçu le label « Vitrine Industrie du Futur », en février dernier. Cette appellation est attribuée aux sociétés ayant développé concrètement un projet novateur pour l’organisation de leur production, via le numérique le plus souvent, et en plaçant l’Homme au centre d’une mutation responsable.

Une distinction venue couronner l’engagement de l’entreprise à placer ses salariés au cœur d’une transformation engagée. « Nous avons reçu le label pour la performance de notre système d’information, notre suivi de la production très développé. Nous sommes en avance, toutes nos machines sont connectées, nous disposons d’écrans tactiles dans chaque atelier. »

L’entreprise aux 270 salariés (220 CDI et 50 intérimaires) et aux 1 200 000 pièces injectées produites par jour est prête à relever de nouveaux défis. « Nous souhaitons nous développer dans le secteur médical, mais toujours avec la règle des 10 % de chiffre d’affaires à ne pas dépasser » insiste Philippe Cha. « Nous sommes aujourd’hui une grosse PME, ce qui rassure les clients, mais qui a su garder la réactivité d’une petite structure. » Un double avantage qui offre à La Française des Plastiques un avenir des plus sereins.

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