Une étude menée par Bpifrance Le Lab dresse un état des lieux de la situation des PME françaises face aux enjeux climatiques. Si ces conclusions ne sont évidemment pas définitives, il convient néanmoins d’en retirer plusieurs grands enseignements.

Les événements climatiques récents ainsi que la crise énergétique, montrent l’importance pour les PME et ETI d’accélérer leur transition bas-carbone. Le niveau de sensibilisation dans les entreprises sur le sujet est au plus haut. Mais force est de constater que le niveau d’action est encore limité et essentiellement centré sur l’opérationnel, lorsqu’il faudrait s’attaquer au business model dans son ensemble. Les principaux freins proviennent du financement, de la technologie, ainsi que de la demande des consommateurs. 

Des PME très sensibilisées mais encore trop peu actives 

Les dirigeants de PME sont très informés sur les mesures à prendre pour tendre vers la Transition Écologique et Énergétique (TEE). Néanmoins, ils restent peu nombreux à prendre des décisions stratégiques en ce sens.

D’après l’étude Bpifrance Le Lab, 77 % des dirigeants déclarent connaître les notions de « scénario 2 °C », d’ « atténuation du changement climatique » et de « neutralité carbone », et 90 % indiquent s’informer sur les enjeux climatiques et environnementaux. Cependant, 49 % répondent ne pas intégrer l’enjeu climatique dans la stratégie de leur société. 

Des actions centrées sur l’opérationnel, pas sur le business model 

Lorsqu’il s’agit d’agir face aux enjeux de la transition bas-carbone, les PME concentrent leurs efforts sur de l’opérationnel. Le renouvellement des équipements, par exemple, qui leur apportera un retour sur investissement positif. 

71 % des PME-ETI recyclent les déchets des bâtiments et que 62 % comptent agir pour réduire leur empreinte carbone. 26 % sélectionnent leurs fournisseurs selon des critères environnementaux. Enfin, 22 % des PME-ETI interrogées éco-conçoivent des offres et produits et 10 % comptent changer leur business model pour réduire leur empreinte carbone. 

Financement et technologie : des freins qui sont également des leviers 

Le financement et la technologie constituent deux des principaux problèmes à la mise en transition des PME-ETI en France. De ce fait, 49 % des dirigeants citent l’aspect financier comme premier frein pour réaliser leur TEE. Le second frein est d’ordre technologique d’après 32 % des sondés. 

Mais ce sont aussi deux des principaux leviers activés par les entreprises les plus précurseurs. Elles sont cependant minoritaires : seulement 9 % des entreprises interrogées sont considérées comme « carbon correcting », c’est-à-dire les plus avancées dans la transition. 

Une transition bas-carbone demande d’importants financements afin d’investir dans de nouvelles machines et compétences. Paradoxalement, les dirigeants de PME-ETI envisagent d’activer la technologie comme levier afin d’assurer leur transition bas-carbone. 71 % d’entre eux comptent d’ailleurs investir dans de nouvelles technologies. 

Les dirigeants attendent un plus fort engagement de leurs clients 

La moitié des dirigeants de PME-ETI pense que les clients doivent porter l’action et l’effort dans le cadre de l’urgence climatique. Certaines entreprises n’agissent pas de peur de ne pas réussir à fédérer des consommateurs engagés. Ces derniers sont-ils prêts à accepter un surcoût de l’ordre de quelques pourcents, en échange d’un apport santé et/ou environnemental ? Si ce bonus apparaît comme évident et clairement présenté, via des labels ou des certifications notamment, les entreprises embarqueront plus facilement leurs clients dans cette démarche de transition bas-carbone essentielle. 

Retrouvez l’intégralité de l’étude Bpifrance Le Lab. 

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