L’approche de Radiall en matière de technologies lui a récemment valu le label Vitrine Industrie du Futur. Un travail de longue haleine pour l’entreprise spécialisée dans les solutions d’interconnexion qui souhaite se réinventer dans l’optique de l’usine 4.0, comme le détaille Eric Milhet, directeur développement technologique groupe.

L’innovation occupe une place majeure au sein de Radiall, qui tient à réinvestir une partie de son chiffre d’affaires dans la R&D. « L’innovation fait partie de notre ADN. Elle nourrit notre ambition de proposer à nos clients des solutions de connexion à très forte valeur ajoutée, adaptée à des “environnements sévères” [ndlr: conditions extrêmes], et de nous démarquer de nos concurrents », affirme Eric Milhet, directeur développement technologique groupe.

Connecteurs coaxiaux, composants fibre optique, solutions multi-contacts, connecteurs extérieurs… Ce sont plus de 27 000 références que Radiall, fondée en 1952 par les frères Lucien et Yvon Gattaz, conçoit, développe, fabrique et teste pour un vaste panel d’industries : défense, spatial, aéronautique, télécommunications, ferroviaire, médical, etc. Une gamme de produits très diverse, et des tailles tout aussi variables, « de la balle de tennis à des éléments de seulement quelques millimètres, avec parfois plus de 850 pièces assemblées dans un seul produit », résume Eric Milhet. Et d’ajouter : « Dans ce contexte, le niveau de précision d’usinage et d’assemblage relève parfois de l’horlogerie suisse ! »

Or, l’entreprise le sait, la technologie ne cesse de progresser ; en conséquence, la taille de ses produits va être amenée à encore diminuer. Le niveau de précision requis sera donc de plus en plus exigeant, voire très difficile à réaliser manuellement. « Nous ne voulions pas que l’innovation soit bridée par les procédés de fabrication. Dès lors, il était crucial pour Radiall d’entrer dans une démarche proactive et de se préparer à la transition vers l’usine 4.0 », précise le directeur développement technologique groupe. 

Des ambitions inscrites dans la stratégie

Radiall fait alors face à plusieurs enjeux : comment faire évoluer les process de fabrication, en grande partie manuels, du fait de la grande variété de produits, à l’assemblage complexe, et aux faibles volumes pour certaines références ? Le tout, en maintenant un haut niveau de qualité et en facilitant le travail de ses opérateurs. 

Dès 2015, l’entreprise entame sa démarche de transformation à travers la constitution de groupes de travail, composés de collaborateurs. Parmi les cinq thématiques abordées, l’industrie du futur est d’ores et déjà au cœur des préoccupations. Cette première étape permet à Radiall de définir sa vision de l’industrie 4.0 dans un livre blanc : celle d’une usine qui intègre la préservation de l’environnement à ses préoccupations, où l’automatisation est au service de l’humain, qui lui est au cœur des processus.

« Notre but n’était pas d’automatiser pour automatiser. Par ces nouveaux procédés technologiques, nous souhaitions éviter à nos collaborateurs en production, les opérations nécessitant des mouvements répétitifs ou contraints. Et leur permettre de se concentrer sur des tâches à forte valeur ajoutée, nécessitant leurs capacités de réflexion et d’interprétation », détaille Eric Milhet. 

Le site de l’Isle d’Abeau, au centre de l’usine 4.0

Afin d’initier cette transformation vers l’industrie du futur, le site de l’Isle d’Abeau, en région Auvergne-Rhône-Alpes, s’appuie sur les FabLabs et les salles d’idéation accessibles à tous les employés pour lancer de nombreux projets alliant des technologies 4.0. Parmi eux : l’intégration de robots collaboratifs, ou « cobots » de logistique (sous la forme d’« autonomous intelligent vehicles » ou AIV) pour les déplacements, et de cobots d’assemblage pour éliminer les risques de troubles musculo-squelettiques (TMS) ; la mise en place de process de contrôle sans contact pour automatiser la prise de mesure ; ou encore la digitalisation des données (« zéro papier »).

Afin de répliquer ces innovations sur tous les sites du groupe, Radiall crée en 2017 le département « Dév Tech », dont Eric Milhet a pris la tête. Ses missions : identifier des solutions technologiques pertinentes, mener des POC (proof of concept) ainsi qu’une veille technologique soutenue, conseiller et supporter les équipes dans l’intégration de ces nouveaux moyens et, à terme, participer au développement des nouveaux produits en collaboration avec les bureaux d’études. 

Créer un véritable écosystème pour grandir ensemble 

En quelques années, ces projets ont d’ores et déjà porté leurs fruits, comme le détaille le directeur développement technologique groupe : « L’AIV a rendu plus de 100 000 services et a évité à nos opérateurs de parcourir 7 000 km en seulement 5 ans et ce, sur une surface d’environ 300 m². La mesure sans contact a réduit le temps de contrôle de 17 minutes à 75 secondes tout en diminuant les erreurs. Les conditions de travail de nos opérateurs ont été améliorées, dans un cadre propice au développement de leurs compétences. »

Radiall ne s’arrête pas là : sa stratégie inclut également une démarche de collaboration extra-entreprise, qui s’est concrétisée en 2019 via la signature d’un contrat avec le groupe ARaymond, spécialisé dans les solutions de fixation et d’assemblage. « L’idée est de partager moyens et budgets avec des entreprises qui ont les mêmes problématiques que nous, pour grandir ensemble », précise Eric Milhet. De quoi continuer à nourrir les ambitions de Radiall, pour qui la transition vers l’usine du futur passe par la création d’un vrai écosystème regroupant l’ensemble des acteurs innovants.

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