Le “leader européen des matériaux énergétiques” a reçu le label de l’Alliance de l’Industrie du Futur pour la modernisation de son usine centenaire en Dordogne. Un projet qui devrait permettre à Eurenco de diversifier son offre et élargir encore son activité à l’export.

Créée en 1915, l’usine historique d’Eurenco, spécialiste des matériaux énergétiques pour la défense et leurs dérivés pour le secteur civil, fait peau neuve. Les installations dans lesquelles l’entreprise basée à Bergerac produisait depuis de longue date des charges modulaires, ont récemment fait l’objet d’un projet de transformation industrielle innovant, labellisé en juillet dernier « Vitrine Industrie du Futur ». Objectif  ? « L’activité de ce site était historiquement monoproduit et monoclient. Notre but, en modernisant l’usine, était de développer l’offre et sortir du marché français, car on était dépendant de ce client unique », explique Sébastien Louafi, directeur des systèmes d’information, de la qualité et de l’amélioration continue de l’ETI.

Le site de Bergerac était jusqu’ici une exception, puisque le groupe est déjà fortement présent à l’international : il y réalise deux tiers de son chiffre d’affaires (C.A. 2021 consolidé de 300 millions d’euros) en commercialisant ses produits, fabriqués dans ses usines en France, en Belgique et en Suède, auprès des Etats ou des grandes sociétés d’armement. Désormais, la même proportion – un tiers des ventes en France et deux tiers à l’export – est attendue pour l’usine centenaire.

Un « time to market » divisé par cinq 

Pour moderniser son usine, Eurenco a planché sur plusieurs axes. D’abord, redévelopper les technologies et les composants de la solution brevetée par le client du site de Bergerac pour déposer ses propres brevets et développer sa propre solution. Ensuite, informatiser, automatiser et robotiser la ligne de production, tant pour des raisons de performance que de sécurité, pour éviter aux collaborateurs de manipuler certains produits. 

Concrètement, l’ETI, forte de 1 100 salariés, a notamment déployé un nouveau système informatique central connecté aux ateliers, permettant de piloter et de contrôler la qualité directement sur les chaînes de production. Eurenco a également revu ses méthodes de développement pour diminuer le « time to market » – l’espace entre le moment où la solution est développée et arrive sur le marché – de dix ans à seulement deux ans. « Nous sommes passés d’un développement en cycle en V classique à un développement agile par prototypage pour lequel la société utilise l’impression 3D », explique Sébastien Louafi.

L’accent mis sur la réduction des déchets 

Eurenco s’est également attaqué à la réduction de sa consommation d’eau, d’énergie ainsi qu’au traitement des déchets. « Avant, nos déchets COV (composants organiques volatiles) étaient relâchés dans l’atmosphère. Nous avons donc mis en place une unité de retraitement de COV qui consiste à faire brûler les déchets. Désormais, nous récupérons une partie de l’énergie de cette combustion et nous rejetons dans l’air une quantité de déchets COV très inférieure aux normes en vigueur », détaille Sébastien Louafi. Quant aux déchets pyrotechniques, qui doivent être détruits sur site selon la législation, ils ne sont plus brûlés à l’air libre mais détruits dans un four industriel dédié.

Résultat de ces différentes démarches, un produit 100 % Eurenco a vu le jour, affranchi de la dépendance du client français du site de Bergerac. « Depuis cette année, nous avons les premières commandes à l’international sur ce nouveau produit », assure Sébastien Louafi. Enfin, la visibilité donnée par le label Vitrine industrie du futur renforcera les moyens dont dispose la société pour réaliser son ambition - devenir une référence mondiale dans son domaine.

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