La Maison de la Formation Jacqueline Auriol a ouvert ses portes en janvier, offrant en bordure de Toulouse un concept unique de lieu dédié à la filière du Génie Mécanique. Regroupant une dizaine de formations post-bac issues de divers établissements d’enseignement supérieur, le projet a également pour but d’accompagner les entreprises dans leur transition vers l’industrie 4.0.

15 000 m², six plateaux technologiques, 800 étudiants aujourd’hui (1 500 à terme), 15 cursus diplômants ou qualifiants, allant de bac +2 à bac +8, un atelier de 3 000 m² et 30 machines-outils de dernière génération : bienvenue dans la Maison de la Formation Jacqueline Auriol. Situé au bout de la piste de l’aérodrome historique de Montaudran, autrefois utilisé par Airbus, l’établissement a été inauguré en début d’année avec l’arrivée d’une première vague d’étudiants. « Pour le moment, nous sommes encore en plein aménagement, et les étudiants prennent doucement leurs repères et possession des lieux », explique Jean-François Mazoin, coordinateur du projet de la MFJA pour l’IUT Paul Sabatier – Toulouse III. 

Développer une synergie formation/industrie

Dès sa naissance, il y a de cela plus de 10 ans, le projet attire plusieurs établissements de l‘enseignement supérieur proposant des cursus en génie mécanique (Insa, ISAE-Supaero, IUT Paul Sabatier). L’idée de mutualiser les formations d’une même filière, quel que soit le niveau, et leurs équipements – tout en les plaçant géographiquement au plus près des centres de recherche et de transfert de technologie – lui donne une nouvelle dimension très innovante. 

Les entreprises, déjà séduites par l’alternance proposée par les formations d’ingénieur, les licences professionnelles et les masters spécialisés, y voient très rapidement une opportunité de créer un vivier de talents mais également une vitrine pour leurs outils technologiques. « Les équipementiers ont vu un intérêt à nouer des partenariats avec la MFJA pour rénover son parc d’équipements avec leurs machines, mettant à disposition des étudiants des outils technologiques de haut niveau, explique Jean-François Mazoin. De là s’est développée l’idée d’illustrer un processus industriel du début à la fin, dans le cadre de l’industrie du futur, au sein d’une usine-école dont le parc d’équipements est aujourd’hui inégalé en France ».

D’abord tournée vers la formation couvrant de nombreux domaines, de la réalité augmentée et virtuelle à la fabrication additive, en passant par la robotique/cobotique, l’usine-école intègre finalement une mission bien plus large et originale : celle de devenir un service public d’accompagnement des entreprises dans leur transformation. Elle se veut alors démonstrateur de l’industrie 4.0, formant les talents de demain tout en répondant aux besoins des industriels et en guidant leur évolution. 

Développer une synergie technologie/humain

Bien qu’elle n’en soit pour le moment qu’à sa « première version », l’usine-école est déjà en capacité d’usinage. Comme elle l’a montré lors de sa présentation au salon SIANE, en octobre dernier, elle a conçu des pièces-clés pour plusieurs technologies innovantes : une turbine de jet-ski fonctionnant avec une batterie de vélo, un drone destiné au secours de victimes, un triporteur à hydrogène, etc. En relocalisant la production, elle prouve en outre qu’il est possible d’innover et de fabriquer de façon compétitive en région Occitanie. Elle a reçu le soutien de 30 industriels à ce jour.

Mais l’enjeu n’est pas seulement technologique et territorial. Cette usine-école – tout comme la MFJA, plus largement – a pour volonté d’accompagner les entreprises sur le volet humain de leur transformation, essentiel pour réussir. « La révolution industrielle n’affecte pas que les compétences techniques, elle concerne toutes les fonctions support de management, de gestion, etc. comme le précise Jean-François Mazoin. La mise à la page numérique est une chose mais l’évolution des compétences de tous les salariés est fondamentale pour une transformation réussie, car ce sont bien eux qui en seront les acteurs. »

Montée en puissance programmée

C’est en septembre 2022, dans sa version 2, que l’usine-école sera en mesure de présenter tout son potentiel, en tant que cœur de la plateforme Pad’Occ (Plateforme d’Accélération d’Occitanie), lauréate de l’Appel à projet « Plateforme d’Accélération vers l’Industrie du Futur » dans le cadre du 4e Programme d’investissements d’avenir (PIA4). Quelque 1 500 étudiants en filière génie mécanique et robotique se destinant aux métiers de l’aéronautique et du spatial effectueront alors leur rentrée au sein de la MFJA, en formation en continue ou en alternance. 

« La Smart Factory est en cours de montage actuellement, mais dans six mois elle pourra accueillir des entreprises. Nous avons d’ailleurs déjà des demandes. Et les PME-ETI pourront venir visiter l’usine-école et travailler sur des projets », annonce Jean-François Mazoin. Plus qu’une plateforme, c’est un véritable écosystème du génie mécanique qui a pris son envol sur cette ancienne piste d’aviation.