Mêlant enjeux technologiques, humains et environnementaux, le projet « Horizon » de Matra Electronique lui a permis d’obtenir sa labellisation Vitrine Industrie du Futur. Au cœur de l’initiative, une usine 4.0 située à Venette, dans l’Oise, devrait entrer en fonctionnement en 2023.

Hier concepteur de postes de télévision, aujourd’hui fleuron de l’électronique agissant au profit des secteurs de la défense, du spatial ou encore de la santé, l’EMO (Electronique Moderne de l’Oise), devenue Matra Electronique en 1975, s’apprête à faire sa cure de jouvence. Située à Lacroix-Saint-Ouen, l’usine actuelle a « l’âge de l’existence de l’entreprise », conte Julien Marie, directeur général arrivé il y a 5 ans et désormais à la tête de la société. « Mon prédécesseur avait déjà identifié les besoins et cette nécessité, non pas forcément de créer une nouvelle usine, mais de réformer l’outil industriel ». Rénover le site existant, l’agrandir, ou construire de A à Z une nouvelle usine : des trois scénarios s’offrant à l’équipe de Julien Marie, c’est le troisième qui a été choisi.

Reconstruire pour s’adapter aux enjeux de l’Industrie du Futur

« Après instruction de ces différentes possibilités, il nous est apparu évident que le projet de création d’un nouveau site était le plus efficient pour plusieurs raisons : il a un meilleur rapport qualité/prix, sa réalisation et ses conséquences sur la productivité sont plus rapides, et il est plus facile d’y introduire des innovations et des améliorations qui vont dans le sens du 4.0 », explique le dirigeant. Mais parce que l’Industrie du Futur a elle-même beaucoup évolué depuis le lancement de l’initiative il y cinq ans, le projet Horizon est mouvant. « Pour faire du 4.0, il faut accepter de se soumettre à des changements permanents. Nous avons besoin d’avoir un projet bien ficelé, avec des budgets stricts et des délais, mais il faut aussi savoir faire bouger les lignes en permanence et rester à l’écoute des évolutions. On sait que si on prend une décision aujourd’hui, elle sera amenée à changer un mois plus tard ». Des aléas qui font échos à deux des objectifs motivant les équipes de Matra Electronique : l’agilité et la flexibilité. Pouvoir répondre immédiatement aux mutations des marchés technologiques, s’adapter à tous les clients, proposer un accompagnement optimal aux petites entreprises et startups désireuses de concrétiser leurs projets d’innovation… Pour être sur tous les fronts, la palette de compétences doit s’adapter.

Et parce que partir de zéro est un bon tremplin pour faire honneur à tous les enjeux de l’industrie, Julien Marie et ses équipes ont profité du projet « Horizon » pour mettre l’accent sur l’impact écologique de l’entreprise. Si de premiers pas avaient été faits sur le site historique, l’ancienneté des équipements n’a pas permis à Matra Electronique d’aller au bout de ses ambitions. C’est donc bien avec l’usine de Venette que la société isarienne va réellement s’habiller de vert. Maximisation de la lumière naturelle, panneaux photovoltaïques dans l’ensemble des parkings, démarches d’éco-conception et d’éco-production… Construire son nouveau site sur une base neuve a permis à Matra Electronique de s’équiper plus aisément pour répondre aux enjeux climatiques, non sans concertation des clients et partenaires. Outre ces tiers dont l’avis compte autant pour la mise en œuvre concrète du projet que le business, un large groupe de personnes a également été sollicité : les salariés.

L’humain et les compétences au cœur du projet

« Impliquer les salariés dans les initiatives d’amélioration continue et d’innovation est une marque de fabrique de Matra Electronique » affirme Gérard Froberger, coordinateur amélioration continue. Utilisation du BIM (building information modeling) pour anticiper et parfaire les implantations en collaboration avec les gens de terrain, organisation de workshops pour développer des améliorations process, boite à idée électronique permettant de mettre en lumière les avis et propositions des salariés… Tout chez Matra Electronique est fait pour adapter l’ensemble des décisions à la vie de terrain. « Fonctionner sur ces modes collaboratifs nous permet d’envisager plus sereinement la gestion du changement. Grâce à ça, les gens peuvent se projeter dans l’environnement de demain, et être plus agiles au moment venu ». Cette façon d’intégrer les équipes dans les process de construction du projet a également été élargie à leur environnement de travail. De la conception du hall d’accueil, à l’aménagement des salles de réunion, en passant par l’adaptation des outils aux réels besoins du terrain, diverses initiatives ont été engagées pour faire du nouveau lieu de travail un lieu collectif, sous l’impulsion de Sophie Castaingt, responsable communication.

S’il fait bon impliquer les équipes déjà présentes dans la conception de leur futur quotidien, l’heure est également au recrutement de nouvelles compétences. Malgré une mise en service prévue pour 2023, Julien Marie a décidé d’anticiper l’intégration de ceux qui feront vivre, avec les anciens, l’usine de Venette. « Il faut que les nouveaux arrivants s’imprègnent de la culture de l’entreprise et du site existant avant de découvrir les futurs locaux ; qu’ils comprennent quel était le quotidien des autres dans l’environnement de Lacroix-Saint-Ouen. », explique le directeur général. Pour répondre à cette exigence, la décision a été prise de « mettre un coup de collier » sur le recrutement ces trois dernières années. Les ressources humaines travaillent actuellement sur un plan de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, ciblant notamment les profils susceptibles de répondre aux exigences des nouveaux équipements et process. La cybersécurité fait partie des priorités, à l’instar des profils liés à la gestion de la data, étroitement liés à l’intégration de nouveaux outils software.

A terme, Matra Electronique aimerait dépasser la barre des 100 millions d’euros d’activité, mais aussi améliorer son impact et son image sociale et environnementale. « J’aimerais que l’image dont on bénéficie aujourd’hui localement rayonne demain, a minima, au niveau national, et qu’on soit vu comme une pépite dans laquelle il fait bon venir travailler », conclut Julien Marie.