Le Premier ministre a dévoilé mercredi 16 mars les grandes lignes du Plan de résilience imaginé pour faire face aux conséquences du conflit ukrainien.  

Nous devons nous préparer à « accepter que les mesures déjà prises et celles que nous pourrons prendre demain auront des conséquences sur la Russie, mais également sur notre économie ». Anticipant une crise longue et rappelant que la France resterait « aux côtés des Ukrainiens jusqu’au retour à la paix et à la démocratie », Jean Castex a annoncé les premières mesures destinées à limiter l’impact du conflit, et sur les ménages, et sur les entreprises.  

Derrière le mot « résilience » se cachent deux objectifs bien distincts : résistance et protection, mais aussi autonomie et souveraineté. Doté de plusieurs milliards d’euros, le plan s’adressera essentiellement aux entreprises et filières les plus touchées par le contexte, notamment celles dont l’activité est liée à l’énergie (productrices ou consommatrices) et/ou dépendantes de l’importation russe.  

Faire face à la hausse des prix de l’énergie et des carburants 

Pour les entreprises évoluant dans les secteurs les plus frappés par l’augmentation du prix de l’énergie, Jean Castex a annoncé la mise en œuvre d’une nouvelle aide. Ainsi, les sociétés dont les dépenses de gaz et d’électricité représentent 3% de leur chiffre d’affaires pourront bénéficier d’une prise en charge de la moitié du surplus de leurs dépenses énergétiques.  

Plus largement, outre les remises sur les prix des carburants (étendues au gaz naturel et au gaz de pétrole liquéfié), la situation implique pour le gouvernement et les entreprises de renforcer les actions permettant de réduire les dépenses énergétiques et sortir de la dépendance au pétrole et au gaz russe (un objectif fixé pour 2027). En ce sens, Jean Castex a annoncé ses ambitions générales d’augmenter nos capacités d’importations en gaz naturel liquéfié, d’accélérer le développement des énergies renouvelables (biogaz et électrique), de réduire la consommation de gaz avec notamment le renforcement des aides pour décarboner les réseaux de chaleur ou encore d’accélérer notre transition industrielle vers la décarbonation de nos transports et de l’industrie.  

Aider les entreprises en difficulté 

Pour accompagner les entreprises en difficulté, notamment face à la flambée du prix de l’énergie, le Premier ministre a annoncé le renforcement de 3 dispositifs déjà connus :
– le prêt garanti par l’Etat (PGE) verra son plafond d’emprunt relevé jusqu’à 35% du chiffre d’affaires, contre 25% jusqu’à présent,
– le report de charges fiscales et sociales sera facilité pour les entreprises mises en difficulté par l’augmentation des prix de l’énergie ou la perte de débouchés à l’exportation,
– le dispositif d’activité partielle de longue durée utilisé lors de la crise sanitaire sera prolongé de 12 mois supplémentaires pour les accords déjà signés, et envisageable jusqu’à la fin de l’année pour les branches et sociétés non couvertes à date. 

Un soutien spécial pour les entreprises exportatrices 

Les entreprises exportatrices (136 000 en France) rencontrant des perturbations de leurs chaines de logistiques et touchées par l’amplification des coûts de l’international bénéficieront de deux types de mesures :
– la réactivation du chèque relance export et du chèque Volontariat International en Entreprise (VIE),
– la mobilisation de l’assurance prospection pour soutenir les efforts de réorientation de l’exportation vers de nouveaux marchés.  

En conclusion, Jean Castex a tenu à rappeler que le Plan de résilience s’inscrivait dans le cadre d’une réponse coordonnée au niveau européen. Concernant sa mise en œuvre pratique, à l’instar de la méthode appliquée pendant la crise sanitaire, les élus, acteurs économiques et sociaux et territoires prendront part quotidienne au déploiement.