Créée en 1989 par Isabelle Cebron, présidente, l’entreprise CID Plastiques est aujourd’hui dirigée de façon exécutive par sa fille Marina Cebron. Un tandem qui fait rimer humain et business depuis leur association il y a 26 ans, et dont nous avons souhaité interroger l’une des moitiés à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes.

Le duo mère-fille tient aussi bien que l’entreprise CID Plastiques créée il y a plus de 30 ans. Spécialisée dans la transformation plastique, la PME héraultaise a connu hauts et bas et embrasse désormais la croissance. Nouvelles machines, nouveaux bâtiments, nouvelles créations de postes… Boostée par la crise sanitaire, CID Plastiques a entamé sa transformation, portée par ses dirigeantes et leurs valeurs. Dans la famille Cebron, nous avons demandé la fille, ambassadrice de La French Fab.

Comment êtes-vous arrivée au poste de directrice générale de CID Plastiques ?

Ce n’était pas du tout au programme. J’ai fait des études de communication et de marketing, je me suis passionnée pour la comptabilité, le tout sans jamais penser à rejoindre l’entreprise. Et puis il y a eu une période de flottement professionnel dans ma vie, pendant laquelle ma mère a eu besoin d’une personne pour s’occuper de la partie chiffres de CID Plastiques. J’ai décidé de lui donner un coup de main et, de fil en aiguille, je me suis impliquée plus largement dans l’entreprise, jusqu’à en prendre la direction.

Comment avez-vous appréhendé la prise en main de ce poste ?

Il y a plusieurs façons d’appréhender ce type de position. J’ai participé à de nombreuses formations, et j’ai aussi fait partie du centre des jeunes dirigeants d’entreprise (CJD). J’y suis restée pendant près de 6 ans, c’est une voie très formatrice. J’ai été entourée de personnes du secteur industriel, cherchant à répondre aux mêmes problématiques que moi et avec lesquelles j’échangeais régulièrement.

Isabelle Cebron et Marina Cebron

Est-ce qu’être une femme dans ce milieu plutôt masculin a changé quelque chose pour vous ?

Au sein même de l’entreprise et dans ma façon de diriger, non. Je ne modifie pas mes comportements par soucis de mixité, ma façon d’agir est guidée par les valeurs de CID Plastiques, à savoir la tolérance et le respect. Pour les contacts avec l’extérieur, avec nos clients par exemple, il peut y avoir un tout petit peu de différence. Certains peuvent notamment se poser la question de ma technicité, mais c’est très éphémère. Ce n’est même pas un frein, c’est juste une petite porte à ouvrir en plus au départ.

Est-ce qu’en tant que femme dirigeante, vous incluez cette notion de mixité dans votre façon de recruter ?

Non, je cherche des gens compétents et qui veulent travailler. Dans notre usine il y a 90% d’hommes et seulement 10% de femmes. C’est peut-être parce qu’elles n’ont pas été amenées à s’intéresser au milieu industriel, qu’elles ont plus d’appréhension et penchent plus vers les métiers administratifs par exemple. Mais je pense que le problème est plus global que ça. Les jobs de l’industrie sont très peu valorisés, et ce dès l’école. Les jeunes voient encore les usines comme des environnements compliqués, avec des métiers difficiles. C’est l’industrie en général qui doit être revalorisée. J’ai autant de mal à recruter un homme qu’une femme aujourd’hui.

Votre duo mère-fille a-t-il été un avantage ?

Avancer à deux, c’est toujours plus confortable qu’avancer seule, c’est certain. Le principal avantage de travailler avec ma mère, c’est la confiance. Il n’y a pas de doute, pas de contraintes liées aux questions que l’on peut se poser lorsqu’on travaille avec un inconnu. Par contre ma mère vous dirait que, même si on se parle tous les jours dans le cadre de la gestion de l’entreprise, il y a moins de place pour les discussions un peu plus personnelles. L’entreprise fait partie intégrante de notre vie.