Au terme de son étude « Délocalisation et relocalisation de l’industrie française : entre mythes et réalités », Bpifrance Le Lab a dressé un état des lieux positif des dynamiques de relocalisation en France.  

Sur les 1 382 dirigeants de PME et ETI interrogés, 85% ont déclaré avoir implanté tous leurs sites de production en France. Dans un contexte de relance et de réindustrialisation de l’Hexagone, l’étude réalisée par Bpifrance Le Lab dévoile une tendance allant dans le sens des velléités du gouvernement de voir l’industrie française prendre le pli de la relocalisation.  

Les dirigeants séduits par l’implantation de leur activité en France 

Bien que positifs, les chiffres dévoilés témoignent d’une réalité bien ancrée : la délocalisation est encore bien prégnante dans les stratégies des entreprises industrielles françaises. Derrière cette mécanique, Bpifrance Le Lab met en avant un premier argument : les stratégies d’internationalisation des sociétés, « plus axées sur le déploiement de la production hors des frontières que celles de nos voisins européens ». Aussi, la volonté pour les dirigeants de se rapprocher de leurs clients est au cœur des intentions d’investissement à l’étranger. Ainsi sur l’ensemble des interrogés, 23% ont répondu avoir été incités à délocaliser dans les cinq dernières années, dont la moitié pour éviter une rupture de contrat.  

Malgré tout, Bpifrance Le Lab note une tendance pour les dirigeants français à vouloir rester sur le sol bleu-blanc-rouge : sur les 26% envisageant d’ouvrir de nouveaux centres de production, trois quarts ont déclaré vouloir le faire en France. Et si la délocalisation reste une réalité pour les industriels, seuls 3,5% des interrogés ont déclaré envisager une délocalisation dans les cinq années à venir.   

Un taux de délocalisations disparate selon les secteurs 

Parce que tous les secteurs de l’industrie ne sont pas soumis aux mêmes aléas, l’étude note des différences d’intention en fonction des activités des entreprises des dirigeants interrogés. Ainsi, parmi les 25% des industriels français produisant et s’approvisionnant en France, l’essentiel du panel concerne l’agroalimentaire et la construction. Pour les 61% produisant en France mais s’approvisionnant en tout ou partie à l’étranger, les activités concernées sont principalement la fabrication de pièces pour la construction et l’automobile, les engrais et la fabrication de machines pour l’agroalimentaire. Enfin, les 13 % d’interrogés dont l’activité globale se passe majoritairement à l’étranger (nommés les « globalisés » par Bpifrance Le Lab) œuvrent dans l’automobile, l’agroalimentaire ou la santé.  

Pour aller plus loin, l’étude montre que les filières automobile et aéronautique sont plus sujettes à la délocalisation : près de 35% des interrogés ont été incités à déplacer leur production hors des frontières sur les cinq prochaines années, dont 4% ont déclaré l’envisager. A l’inverse, les industriels de la filière mode et luxe adoptent quant à eux une dynamique de relocalisation puisque 10% songent le faire dans les années à venir et 7% ont déjà entamé des actions en ce sens.  

Découvrez l’ensemble de l’étude.