Concepteur, fabricant et distributeur de batteries haute technologie, l’entreprise française Vlad mise sur l’industrie 4.0 et s’engage en faveur d’une production responsable. Une dynamique à l’œuvre dans la création d’un nouveau bâtiment pour son usine de batteries, comme le détaille Vincent Piton, directeur général de l’entreprise. 

L’année 2020 a été charnière pour l’entreprise basée à Parçay-Meslay près de Tours. Particulièrement sollicitée au début de la pandémie de coronavirus pour faire face à la pénurie de respirateurs, Vlad a rencontré des moments « très intenses », confie Vincent Piton, son directeur général. L’entreprise, qui a triplé sa production de batteries pour respirateurs en seulement 50 jours, a vu son chiffre d’affaires bondir de 18 millions en 2019 à 22 millions d’euros en 2021.

Une situation qui a permis à la PME de 75 employés de figurer parmi les lauréats du plan France Relance et de bénéficier d’une subvention de plus d’un million d’euros en octobre 2021. Celle-ci s’ajoute au programme d’investissement de Vlad : 5,7 millions d’euros sur trois ans, avec pour but d’accélérer le développement de l’entreprise en misant sur l’innovation et l’industrie 4.0, tout en intégrant les enjeux environnementaux.

Impression 3D et robots collaboratifs

Pour ce faire, l’entreprise prévoit la construction d’un nouveau bâtiment de 4000 m² pour son usine de production, à seulement trois kilomètres de son site actuel afin d’éviter toute forme de « rupture » pour ses salariés. Le bâtiment sera conçu pour être respectueux de l’environnement, notamment via l’utilisation d’énergies renouvelables pour recharger les batteries. « Economiser l’énergie, cela va finalement de pair avec le métier de la batterie », résume Vincent Piton.

L’entreprise compte également investir dans une nouvelle ligne d’impression 3D pour créer les boîtiers des packs batteries en plastique biosourcé ou recyclable, et poursuivre la robotisation de ses lignes de production. « Depuis trois ans, nous intégrons des robots collaboratifs pour le soudage, le collage et l’assemblage, ce qui permet notamment d’améliorer les conditions de travail de nos opérateurs, en les soulageant des tâches répétitives », précise le directeur général.

De la conception à l’homologation

Si la PME propose depuis sa création, en 1985, le reconditionnement de certaines de ses batteries, elle souhaite également développer leur éco-conception, justifiant la création de six postes en R&D sur trois ans. « L’idée est d’intégrer l’aspect du reconditionnement dès la conception de la batterie et qu’il soit possible de réutiliser l’ensemble de ses composants », explique Vincent Piton.

Enfin, le plan de relance permettra à Vlad de créer son propre laboratoire d’homologation transport. Les tests des batteries lithium-ion nécessitent un matériel d’homologation coûteux, ce qui forçait la PME à sous-traiter ces opérations. « Ces investissements vont nous permettre d’être autonome de A à Z en termes de fabrication de batteries, de la conception à l’homologation », ajoute le directeur général de Vlad.

L’autonomie et la relocalisation de la production industrielle font justement partie des enjeux de France Relance. Depuis la crise du coronavirus et les difficultés d’approvisionnement, Vlad note le « retour » de clients industriels qui misaient sur la production asiatique vers de la production française. « Ils reviennent non seulement pour la qualité des produits mais aussi pour la qualité de la relation commerciale. Pour les entreprises qui ont une démarche RSE, ce n’est plus justifiable de faire fabriquer des batteries à l’autre bout du monde », affirme Vincent Piton. Vlad, qui est devenu le premier industriel français à obtenir le label THQSE® (Très Haute Qualité Sanitaire Sociale et Environnemental) au plus haut niveau en 2021, est ainsi idéalement placé pour répondre à ces nouvelles demandes.

Prochaine étape pour l’entreprise : terminer la phase de programmation pour sa nouvelle usine, dont la mise en service est prévue pour 2024.