X-FAB France a pu accélérer son projet de relocalisation de technologies jusqu’ici produites en Asie grâce à un renforcement de son activité dans le secteur de l’automobile et l’aide de France Relance. 

Groupe allemand fabricant de semi-conducteurs, X-Fab brille d’une présence internationale grâce à ses six sites de production implantés dans quatre pays : quatre sites en Allemagne, un en Malaisie, un aux Etats-Unis et depuis 2016, un en France, à Corbeil-Essonnes (91). Un site bleu-blanc-rouge qui, après avoir pallié la pénurie de semi-conducteurs mondiale en répondant à une forte hausse de la demande, se concentre désormais sur une stratégie de développement initiée avant la crise.  

Au programme : un projet de relocalisation de technologies jusque-là fabriquées en Asie, désormais soutenu par France Relance. Stratégique pour X-Fab France, cette partie de son activité devrait ainsi être activée dans l’Essonne, grâce à un financement de l’Etat français à hauteur de 5,7 millions d’euros.  

Le semi-conducteur, matériau omniprésent du quotidien 

Jusqu’alors, les composants fabriqués par la filiale répondaient à des besoins généraux à destination des secteurs de l’automobile, du médical ou des télécommunications. Pour répondre à des ambitions de sauvegarde de l’emploi et de multiplication de l’activité (objectif x2 d’ici 2023), X-FAB France a décidé de miser sur une présence accrue dans les circuits pour l’automobile. Un virage permettant également à l’entreprise de réduire sa dépendance aux composants radiofréquences pour les équipements de communication sans fil, secteur représentant aujourd’hui 80% de l’activité de l’usine francilienne.  

Passant par la relocalisation d’une partie de sa production dans l’Hexagone, le projet d’investissement d’X-Fab France devra passer par la mise en œuvre à l’échelle industrielle de procédés technologiques innovants. « Les puces automobiles offrent l’avantage d’être à plus forte valeur ajoutée, car elles sont plus exigeantes en termes de fiabilité ou de tenue en température, et plus complexes sur le plan technologique. Alors qu’une plaquette de composants de communication nécessite 20 à 24 masques, une plaquette de circuits automobiles en réclame 36 à 38. », a expliqué Jocelyne Wasselin, directrice générale de l’entreprise à l’Usine Nouvelle. Un développement appuyé par France Relance, dans le cadre d’un appel à projets de soutien à l’investissement et la modernisation de l’industrie.  

Une relocalisation soutenue à hauteur de 5,7 millions d’euros par France Relance 

« Le Plan National de Relance et de Résilience (PNRR) a représenté une aide significative pour nous », témoigne Jérôme Ruet, directeur financier d’X-FAB France. Bien que le transfert en France des technologies asiatiques ait été initié en amont, l’opération est longue, complexe et coûteuse. « On ne peut pas faire simplement du copier-coller de la technologie existante en Malaisie. Un tel transfert technologique demande une adaptation des procédés de fabrication au parc machine français ainsi qu’un ajustement des produits et des méthodes de fabrication », explique Jérôme Ruet.

X-FAB France est l’un des 31 premiers lauréats de cet appel à projets de relocalisation dans le cadre du plan « France Relance ». Grâce à une participation de l’Etat à hauteur de 5,7 millions d’euros (pour une opération d’un montant total estimé à 21 millions d’euros), le transfert technologique de la Malaisie vers la France a pu se concrétiser plus rapidement. De quoi répondre à l’objectif de sauvegarde de l’emploi poursuivi par l’entreprise, qui a engagé de nombreux recrutements pour répondre à la mise en œuvre opérationnelle du virage de son activité. “Aujourd’hui, l’emploi du secteur de l’industrie souffre et nous souhaitons le sauvegarder : c’est la clef pour s’assurer que les compétences restent sur le site ou soient transmises pour permettre le développement de produits futurs en France.”, a déclaré Jérôme Ruet dans un communiqué.