Pionnière sur le créneau de la robotique appliquée à la logistique, la PME nordiste Exotec distille ses flottes de robots mobiles dans les entrepôts des plus grands distributeurs. Une solution aussitôt conceptualisée, aussitôt industrialisée.

6 ans d’existence, de gros clients internationaux (Cdiscount, Uniqlo ou Gap…), 160 embauches en 2021, 2 500 robots déployés dans le monde entier : lorsqu’il s’agit de réussite, Exotec ne joue pas la montre. Portée par un duo d’anciens ingénieurs de General Electric, la startup d’hier s’est rapidement transformée en PME industrielle à portée internationale. Au cœur de l’ascension, un concept dépoussiérant le secteur de la logistique : le « Skypod ». Un nom céleste qui fait référence à des flottes de petits robots en 3D, capables de monter au sommet des étagères des entrepôts.

Trouver un concept et l’industrialiser

Tout a commencé avec Amazon et un bus. Amazon, parce que Romain Moulin et Renaud Heitz ont perçu qu’un marché était à conquérir en analysant l’ascension du géant américain et l’industrialisation de ses entrepôts. Un bus, parce que c’est dans celui qui les ramenaient quotidiennement chez eux à Paris après le travail que les deux collègues de General Electric ont eu l’idée de créer leur startup. « L’idée initiale, après avoir ciblé le marché de la logistique, était que pour se différencier il fallait concevoir des robots évoluant en 3D. Ceux qui officiaient déjà ne se déplaçaient qu’au sol, ce qui réduisait considérablement la densité de produits stockés », explique Renaud Heitz. Les robots qu’ont en tête les deux associés peuvent grimper, impliquant un effet boule de neige en termes de bénéfices : plus de hauteur, plus de produits, moins de transport, moins de coûts, plus d’écologie. CQFD. L’idée trouvée, et quelques logisticiens interrogés pour confirmation de son bien-fondé, place à un nouveau départ. A Exotec de naitre avec une ambition sur le long terme : « industrialiser le concept et le déployer dans le monde entier ».

Révolutionner la logistique

Long, le terme ne l’a pas vraiment été. « Nous avons créé la boîte en 2015, vendu notre premier système à Cdiscount en 2016 sur la simple base d’un Power Point, l’outil était opérationnel en 2017 et nous avons signé de nouveaux gros contrats très rapidement après. ». Une vélocité que le co-fondateur explique par une certaine sédentarité du secteur de la logistique, bousculée, entre autres, par le géant Amazon précité. « Jusqu’à il y a une dizaine d’années, la logistique était un peu le mal nécessaire. Les gens se sont rendu compte que ça pouvait être un élément moteur de business quand Amazon s’est démarqué en mettant en avant, et son large référentiel, et la vitesse de livraison. Les entreprises, notamment dans les secteurs du e-commerce ou du retail, ont alors compris que la logistique était un élément qui permettait de capturer les nouveaux clients et de les fidéliser. », explique Renaud Heitz. La fourmilière méritait bien son coup de pied, qu’Exotec n’est pas la seule à avoir cherché à donner. La compétition mondiale existe, dans un contexte où les ponts entre tech et fab se font de plus en plus indispensables à la réindustrialisation et la souveraineté françaises.

En cela, Renaud Heitz parle de « mission ». « Nous sommes convaincus que pour exister et rester grande, la France doit avoir une industrie forte. Et pour être compétitive, elle doit prendre des virages, notamment technologiques. Il ne faut plus que « l’industrie 4.0 » soit un terme marketing, il faut qu’elle se concrétise avec de vrais produits. ». Une nécessité prise à bras le corps par Exotec, qui poursuit sa route en suivant deux grandes directions : « Continuer à innover et trouver les idées qui feront la génération suivante », et « poursuivre une stratégie internationale robuste en intégrant de nouvelles équipes sur les autres continents ».