PME toulousaine qui a contribué à des programmes emblématiques du spatial tels que la constellation Pléiades Neo pour Airbus, Iridium Next pour Thales, ou les missions de Thomas Pesquet dans l’ISS, Erems poursuit sa conquête de l’espace, débutée il y a plus de 40 ans. 

La diversification : clé du succès. Fondée en 1979, cette PME implantée à Flourens, non loin de Toulouse, est à l’origine positionnée sur le développement d’instruments électroniques pour les vols habités. « Nous avons équipé tous les astronautes français depuis la mission de Patrick Baudry en 1985. Certains, comme Jean-François Clervoy, sont venus avant le départ dans nos locaux pour essayer du matériel« , se remémore Gérard Dejonghe, président d’Erems dans les colonnes de La Tribune. « Quand j’ai pris la direction d’Erems en 2005, nous étions encore très dépendants des programmes de vols habités, j’ai donc cherché à diversifier notre activité tout en restant dans le spatial ». Année après année, la PME a alors étendu son savoir-faire et ses contrats, notamment à l’export. D’abord spécialisée dans les instruments optiques pour satellites d’observation de la terre, l’entreprise se diversifie et développe des équipements électroniques pour des satellites de télécommunication, et participe également à des programmes scientifiques.

Les programmes spatiaux auxquels a participé Erems depuis sa création se comptent en centaines. En avril, il y avait du Erems dans le premier des quatre satellites de la constellation Pléiades Neo d’Airbus Defence and Space envoyé dans l’espace. Un bijou de technologie capable de capturer des images d’une résolution native de 30 cm. « Ce programme a mis en œuvre toutes nos expertises électroniques : électroniques de capteurs et acquisition vidéo, électronique numérique et traitement de données, contrôle thermique et distribution d’énergie de l’instrument », relève Gérard Dejonghe.

Un savoir-faire qui s’exporte 

Misant sur la polyvalence et l’innovation, la PME cherche depuis peu à développer des technologies disruptives pour le New Space, à travers l’utilisation de composants du secteur automobile et non plus seulement de composants hyper-qualifiés spécifiques. Plus récemment, on la retrouve dans le programme Constellation Optique 3D (CO3D) développé par le Cnes et Airbus Defence and Space pour laquelle elle fournit de nombreux équipements, dont une électronique ultra-performante de traitement de données et de mémoire de masse… Erems est également engagé dans le satellite LSTM (Land Surface Temperature Monitoring) du programme Copernicus (ESA). On la trouvera également à l’horizon 2026-2031 du côté de la planète rouge, dans le cadre de la mission Mars Sample Return (ESA, Nasa) qui vise à collecter des échantillons du sol martien avant de les renvoyer sur Terre. Erems développe ici le RIU (Remote Interface Unit) du vaisseau, un élément clé. « Une magnifique référence pour nous », confie le président de la PME. Cette année, Erems a également livré deux calculateurs de bord pour les instruments du Cnes sur le satellite franco-chinois de physique fondamentale SVOM (Space Variable Objects Monitor). Sur le volet scientifique encore, la PME se positionne aussi sur les sujets de microgravité.

Bref, la liste est longue et c’est voulu. « Cette diversification nous permet de limiter des effets de cycle, tels que ceux connus dans les années 90 et au début des années 2000. La polyvalence de compétences permet de mieux amortir les chocs », décrypte le dirigeant. Dans cette logique, Erems a recruté plus récemment des experts en radiations des composants électroniques ou encore en qualification des procédés. « Nos projets font rêver les jeunes ingénieurs », constate Gérard Dejonghe.