Après de nombreuses années passées à occuper des fonctions dirigeantes dans l’industrie du cycle, notamment chez MBK industrie, Hutchinson et LOOK Cycle, Eric Vanhaverbeke s’est lancé dans un projet passionnant : faire renaître DILECTA, une marque de cycles légendaire, éteinte à la fin des années soixante. Un retour aux sources, et une ambition : contribuer à donner ses lettres de noblesse à l’artisanat made in France. 

Plongeant dans les archives familiales à la faveur du confinement, Eric Vanhaverbeke est tombé sur des photographies de son père, un cycliste professionnel qui avait passé une année au sein de l’équipe DILECTA dans les années soixante : « ça m’a rappelé des souvenirs d’enfance et je me suis intéressé à la marque, qui est une marque extraordinaire, une des plus anciennes et des plus belles marques françaises ». Fleuron de l’industrie du cycle pendant des décennies, DILECTA n’a pas survécu à l’avènement du cycle motorisé.

C’est le déclic pour Eric Vanhaverbeke, qui depuis un certain temps avait en tête l’idée de reprendre, relancer, ou créer une marque, si l’opportunité s’en présentait. « Je suis allé voir les acteurs locaux, au Blanc, dans l’Indre, là où la marque est née. J’ai rencontré le maire. J’ai perçu un enthousiasme général. J’ai vu que la marque avait un fort ancrage local, régional, et national. Et je me suis lancé dans la bataille. »

Première étape : ressusciter l’aura de la marque

DILECTA cherche d’abord à s’installer sur le marché français, en s’appuyant sur sa propre histoire et son exigence. Mais pour quels usages ? « Nous ne sommes pas positionnés sur la performance pure et dure, mais plutôt sur le plaisir de faire du vélo, que ce soit du gravel, de la route, de l’urbain. Être en phase avec son environnement naturel et culturel, c’est l’esprit de la marque ». Ces vélos qui incarnent aussi un certain art de vivre sont d’une facture très exigeante. Chaque cadre est fabriqué à l’unité, et poli à la main : il faut compter vingt heures de travail pour cette pièce maîtresse. Malgré ce processus de fabrication artisanal et minutieux, les délais de livraison sont courts pour le marché : entre quatre semaines et deux mois. L’enjeu de la réussite de DILECTA, c’est aussi de montrer qu’une fabrication véritablement locale et artisanale haut de gamme est possible, tout en restant compétitive.

Une ouverture internationale prometteuse

De son expérience dans le secteur du cycle, Eric Vanhaverbeke a tiré quelques leçons : « les produits made in France ont toujours eu une grande aura à l’international, un fort pouvoir d’attraction ». L’ouverture aux marchés étrangers est donc dans la logique du parcours de renaissance de DILECTA, qui est aujourd’hui sollicitée – entre autres – par « le Japon, la Malaisie, le Danemark, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et plusieurs pays d’Amérique du sud ». Néanmoins, attention aux faux pas : « nous savons que les exigences de l’international sont beaucoup plus élevées, à tous les niveaux, en termes de communication, de livraison, de qualité de service ». Un défi qui ne fait pas peur à l’entreprise, concevant chaque vélo comme un œuvre à part et non comme un produit industriel. « À terme, conclut Eric Vanhaverbeke, nous ferons a minima 50% de notre chiffre d’affaires à l’international. »