Ÿnsect, spécialiste de l’élevage et de la production d’ingrédients à base d’insectes, s’est fixé un double objectif : répondre à la demande mondiale croissante de consommation de protéines et de plantes tout en minimisant l’impact sur l’environnement. Jean-Gabriel Levon, cofondateur et vice-président de l’entreprise, nous détaille sa stratégie environnementale. 

En mai dernier, Ÿnsect a posé la première pierre de ce qui deviendra non seulement son plus gros site de production d’ingrédients à base d’insectes, mais aussi la plus grande ferme verticale au monde. C’est près d’Amiens, dans le nord de la France, que quatre tours hautes de 36 mètres abriteront un élevage de scarabées Molitor, sources de protéines destinées à l’alimentation animale. Le site, baptisé Ÿnfarm, devrait assurer une production de 100 000 tonnes d’ingrédients par an lors de sa mise en route en 2022, avec pour ambition de doubler ce chiffre par la suite. 

« L’innovation doit aussi être environnementale et sociale » 

Ÿnsect, qui emploie aujourd’hui 240 personnes réparties sur six sites – dont deux fermes verticales – a fêté ses 10 ans le 14 septembre. Aujourd’hui, le projet Ÿnfarm est une concrétisation de cette vision qui porte l’entreprise depuis ses débuts : « Nous sommes partis d’un questionnement : comment peut-on réinventer le système agroalimentaire mondial tout en mettant l’accent sur la durabilité ? Nous, nous pensons que la réponse passe par les fermes verticales », affirme Jean-Gabriel Levon, cofondateur et directeur impact d’Ÿnsect. La société s’appuie ainsi sur une ligne de production 4.0 pour piloter ses sites, en misant sur la technologie… mais pas seulement : « Aujourd’hui, l’innovation ne peut pas être que technologique, elle doit aussi être environnementale et sociale », ajoute-t-il.

La filière de la production d’ingrédients à base d’insectes propose une alternative durable, à l’impact environnemental réduit par rapport aux produits issus de l’agriculture traditionnelle. Mais la société Ÿnsect, certifiée B Corp (certification octroyée aux entreprises répondant à des exigences sociétales et environnementales), vise encore plus haut. Pour limiter ses émissions de CO2, l’entreprise s’est engagée à se fournir localement en coproduits céréaliers destinés à nourrir ses insectes. D’où le choix de s’implanter dans les Hauts-de-France, au plus près des filières de blé. « Nous voulons également participer à la réindustrialisation locale et avons signé un partenariat avec la coopérative Noria qui regroupe 9 000 agriculteurs autour du site, pour l’approvisionnement en matière première », détaille le cofondateur d’Ÿnsect.

Planter 1 700 kilomètres de haies pour séquestrer 190 000 tonnes de CO2 

Par ailleurs, l’entreprise inaugure cette année son programme TerrHa 2040. Il permettra de protéger la biodiversité locale et de séquestrer plus de 190 000 tonnes d’émissions de CO2 en plantant d’ici 2040 près de 1 700 kilomètres de haies chez 1 100 agriculteurs partenaires dans les Hauts-de-France. Un moyen pour Ÿnsect « de s’attaquer à l’empreinte carbone » liée à ses fournisseurs, mais aussi « d’aider les agriculteurs et de déployer davantage les bonnes pratiques qui ont un effet concret sur la réduction des émissions de carbone », comme l’explique Jean-Gabriel Levon.

Prochaine étape pour l’entreprise, une fois la construction de sa dernière ferme verticale terminée : lancer sa phase de déploiement et de recherche de sites où s’implanter à l’international, aux États-Unis par exemple, où Ÿnsect dispose d’ores et déjà un bureau, à Miami.