Initié aux Arts et Métiers d’Angers en 2018, le French Fab Challenge, officiellement lancé en janvier 2020, crée des ponts entre étudiants de grandes écoles des Pays de la Loire et entreprises industrielles de la région. A l’issue de chaque collaboration, des bénéfices partagés : une immersion concrète dans la vie professionnelle pour les premiers, des réponses rapides et innovantes à des problématiques internes pour les secondes.

« Les PMI ne savent pas toujours quelles sont les grandes écoles et ce qu’elles peuvent leur apporter. De la même façon, les grandes écoles ne connaissent pas le tissu des PMI de la région. Le French Fab Challenge joue les entremetteurs. », explique Yann Jaubert, président d’Alfi Technologie et co-initiateur du projet avec Jean Quessada, directeur des Arts et Métiers d’Angers. Aidés par la région Pays de la Loire, accompagnés par Solutions & Co (agence de développement économique de la région) sur la partie opérationnelle, le duo déploie aujourd’hui son dispositif tout au long de l’année et multiplie les points de contact. Grâce au travail initié en amont, douze écoles ont, en 2020, homogénéisé leurs formules d’insertion des étudiants dans plus de trente entreprises des Pays de la Loire.

Une immersion intensive des étudiants au sein des entreprises

Dans le cadre du French Fab Challenge, les élèves répondant aux appels d’offres des entreprises ont une semaine pour proposer des solutions aux problématiques données par les entreprises. Une semaine durant laquelle ils communiquent au quotidien avec les équipes industrielles, favorisant une immersion intensive portée par l’envie de proposer le meilleur projet. « Les étudiants ont vraiment le sentiment de s’imprégner de l’entreprise et de répondre à un réel besoin. L’interaction est quotidienne, concrète, et ils ont tous le sentiment d’être utile », explique Jean Quessada. Un sentiment d’utilité renforcé par la mise en œuvre régulière des solutions apportées par les étudiants : « Même s’il s’agit en général de produits d’appel légers, les éléments de réponse apportés par les participants peuvent être déroulés dans les entreprises. Il s’agit souvent d’un point de départ pour aller plus loin ».

Une aide précieuse pour les PMI, tant pour l’évolution de leur activité que pour leur recrutement. S’éloignant des grands groupes pour privilégier les petites et moyennes entreprises, le French Fab Challenge ouvre ainsi la porte aux talents et dresse un système parallèle d’échanges et de sourcing entre PMI et grandes écoles. De quoi convaincre les industriels de s’engager dans le projet, entre autres arguments.

Un atout majeur pour le développement de nouvelles solutions pour les PMI

« Nous voulons que chaque projet soit le début de quelque chose et fasse boule de neige. Il faut que les entreprises se disent que l’expérience sera bénéfique, qu’un apprenti n’est pas une dépense perdue mais un gain de productivité, par exemple », explique Jean Quessada. Un bon point pour le recrutement, donc, mais également pour l’évolution opérationnelle de l’entreprise, et ce dans tous les maillons de sa chaîne de valeur. Les grandes écoles impliquées dans le projet enseignent en effet diverses compétences, permettant aux PMI participantes d’engager des actions de toute nature. « La multiplicité des écoles permet de varier les sujets. Certains challenges concernent le développement web et la digitalisation, d’autres la réalité virtuelle, d’autres encore le marketing ou la cybersécurité. Répondre à des besoins aussi divers, c’est aussi ce qui fait la richesse de l’initiative. » explique Yann Jaubert. A titre d’exemples, des étudiants ont développé pour des entreprises industrielles des applications de contrôle quotidien de la production grâce à la réalité virtuelle, des solutions permettant d’identifier rapidement la localisation d’un capteur défaillant et son environnement immédiat ou encore des outils web et 3D pour faciliter la présentation et l’attractivité de l’entreprise sur les salons.

Le président d’Alfi Technologies en sait quelque chose, puisqu’il a lui-même servi de « cobaye » au projet et fait aujourd’hui valeur d’exemple. Suite à sa participation au dispositif, Yann Jaubert a accueilli dans son entreprise de jeunes talents en apprentissage, ouvrant la voie à de nouvelles réflexions liées à la transformation numérique (notamment à la réalité virtuelle). Un chemin que lui et Jean Quessada aimeraient voir prendre de plus en plus d’entreprises de la région. Avec leur partenaire Solutions & Co, qui gère notamment le réseau du French Fab Challenge, ils travaillent aujourd’hui de concert pour multiplier les forces vives, les projets, et rallier de plus en plus de PMI des Pays de la Loire à l’aventure. Dans ce cadre, Yann Jaubert sera notamment présent au Mans le 27 septembre, pour mettre en avant l’initiative dans le cadre du French Fab Tour.