À Saint-Étienne, la start-up Plas’tri a mis au point une solution de scan optique pour aider les professionnels du tri à augmenter leurs performances. Objectif : mieux identifier les plastiques en phase de tri pour en améliorer le recyclage et réduire l’impact environnemental.

« Je suis guidée par l’impératif de ne jamais créer de nouvelle fausse solution », confie Clara Spetebroodt. La jeune ingénieure diplômée de l’Institut d’Optique graduate school de Saint-Etienne est à la tête de Plas’tri, toute jeune start-up qu’elle a co-fondée en 2021 et dont les origines remontent à un projet d’études.

Sa cible : les rebuts de production plastique d’origine industrielle ou logistique, face immergée de l’iceberg plastique en France. Ses clients potentiels : les centres de tri indépendants qui gravitent autour des industriels et qui trient encore, majoritairement, à la main. Son arme : une « scannette » optique.

Un gisement de plastiques recyclables gâché

« Énormément de matière recyclable est perdue sur la chaîne du tri », rappelle l’entrepreneuse. Les plus gros centres de tri disposent de solutions optiques de pointe, ce n’est pas le cas des PME plus modestes. Ici, le tri est encore largement manuel. « Un déchet sur cinq est écarté dès réception, rappelle Clara Spetebroodt. Notre scannette permet de récupérer environ 45 % de ces 20 % inexploités ».

Au moindre doute, afin d’éviter des erreurs de tri aux conséquences lourdes, les lots sont écartés pour être incinérés ou enfouis. La « scannette », légère et maniable (800 grammes), est justement capable de distinguer en amont les différents types de polymères plastiques.

En moyenne, un centre de tri typique auquel s’adresse Plas’tri, avec une capacité de traitement de 25 tonnes de déchets par jour, pourra récupérer 35 tonnes supplémentaires en un mois grâce à la solution, soit un gain d’environ 5000 € par mois, selon Clara Spetebroodt. Sans compter bien sûr les avantages environnementaux.

Le résultat en moins d’une seconde

Le grand atout de la solution développée par Plas’tri est dans sa facilité de prise en main. La scanette est très légère et l’opérateur doit simplement presser la détente pour obtenir le résultat en moins d’une seconde. Entre-temps, l’outil aura envoyé un signal lumineux sur la surface, et la façon dont le rayonnement est absorbé aura révélé la nature de la matière plastique en présence.

Pour l’heure, l’outil identifie cinq types de plastiques qui représentent 90 % des flux généraux : PET, PEHD, PP, PVC et PS. « Mais nous travaillons à l’opportunité et, si un industriel veut que nous ajoutions un autre type de plastique, nous pouvons le faire », explique la dirigeante. A terme, afin d’en simplifier l’utilisation, la scannette pourra même être mise à jour à distance avec les ajouts des nouveaux plastiques reconnus.

Aujourd’hui, après des mois de tests convaincants chez des clients, Plas’tri s’apprête à sortir une pré-série de son outil. Dès qu’elle aura obtenu sa certification CE, d’ici octobre, elle pourra passer à la commercialisation à plus grande échelle. En parallèle, l’équipe de la jeune pousse travaille déjà sur les améliorations de demain, notamment autour de la caractérisation des films plastiques, des plastiques chargés et même des plastiques mélangés.