S’imposant comme une obligation légale, la réduction de l’impact environnemental des emballages s’inscrit comme une réelle attente des consommateurs. Uzaje, s’empare du sujet depuis 2018, en développant des solutions de lavage à grande échelle pour faciliter leur réemploi et accompagner les entreprises dans leur transformation.

Une prise de conscience qui s’accélère. Mi-juin dernier, l’institut de sondage 3M a publié une étude sur les inquiétudes des Français. Pour la première fois, la présence de plastique dans les océans est placée au-dessus du réchauffement climatique. « C’est dire si le plastique est devenu un enjeu majeur pour le consommateur, qui pousse au changement de pratiques. Outre l’impact sur la planète, il s’inquiète également du risque que les contenants alimentaires en plastique font courir à la santé », explique Emmanuel Auberger, fondateur d’Uzaje. Une inquiétude dont s’est saisi le législateur, qui impose peu à peu des changements drastiques à la filière alimentaire et à la restauration. Dès 2023, tous les acteurs de la restauration rapide, sans exception, devront proposer de la vaisselle réutilisable.

« Les évolutions seront progressives »

Pressées par la loi et les citoyens, ce sont donc plusieurs filières qui se mettent en branle : la restauration rapide d’abord, mais aussi la restauration d’entreprise et scolaire. Sans oublier l’intégralité du secteur agroalimentaire. « Il y a encore deux ans, passer à des contenants en verre ou en inox, lavables et réutilisables, dans toutes ces filières relevait du prospectif », se rappelle Emmanuel Auberger. À charge pour des acteurs comme Uzaje de rendre cela techniquement possible pour ces entreprises, ou du moins, de les accompagner dans leur transformation.  « Nous proposons un centre de lavage qui peut prendre les différents contenants de tous ces acteurs. Nous les accompagnons aussi dans le déploiement du réemploi, qui peut être complexe ».

Convaincu des vertus du réemploi, plus écologique que « le recyclage souvent mal effectué des contenants alimentaires en carton et en plastique », Emmanuel Auberger n’en demeure pas moins lucide sur les enjeux à relever. « Passer au réemploi demande aux entreprises de revoir leur système de production, de distribution. Les évolutions seront progressives ». À l’heure actuelle, les sociétés les plus avancées sont celles déjà à la pointe des bonnes pratiques ESG (ndlr : critères environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance) ou positionnées sur le créneau haut-de-gamme. « Mais on trouve aussi McDonald’s, car le leader se doit de montrer l’exemple », ajoute t-il.

Des intérêts écologiques et économiques 

Pour faciliter le déploiement du réemploi, certains géants français comme System U se mettent en ordre de marche en organisant des écosystèmes d’entreprises. « Plusieurs franchisés, mais aussi des industriels, des logisticiens, se sont unis pour mettre en place une solution de réemploi ».

Mais, le coût de cette pratique écologique reste encore supérieur à celui des ustensiles en plastique à usage unique. « D’ici 2025, notre développement devrait permettre de réduire les coûts, et je suis convaincu que l’utilisation du plastique va devenir, de son côté, de plus en plus coûteuse », tempère Emmanuel Auberger. Il voit dans le plan de relance une occasion de financer la transformation des pratiques industrielles, en faveur du réemploi. « Au-delà de l’impact écologique, l’intérêt est aussi économique. La France est un acteur très important dans les secteurs de l’agroalimentaire et des emballages. Accélérer sur le réemploi est un moyen de favoriser l’économie circulaire et de créer les leaders de demain ».