Créée en 2020, l’entreprise iséroise Verkor s’est fixée un objectif pour le moins ambitieux : construire la première gigafactory de cellules de batteries bas-carbone en France. Le tout dans une volonté d’inscrire cette industrie dans une logique de développement durable et de participer à l’essor de la mobilité électrique, comme l’explique Gilles Moreau, responsable de l’industrialisation (CIO) de Verkor.

Ce sont deux étapes cruciales que Verkor vient de franchir début juillet 2021, moins d’un an après sa création. La jeune entreprise est parvenue à lever 100 millions d’euros pour construire un centre d’innovation et une ligne pilote à Grenoble en 2022 et à signer un partenariat stratégique avec le groupe Renault. De quoi aider la société à poser les bases de son objectif ultime : construire la toute première gigafactory de cellules de batteries haute performance et bas-carbone en France en 2025. « Nous avons créé Verkor avant tout pour répondre à la demande croissante de véhicules électriques et construire la mobilité de demain, tout en mettant l’accent sur la clean tech et le bas-carbone », explique Gilles Moreau, CIO.

Une filière batterie durable et locale

Bâtir une filière batterie à la fois compétitive, durable et locale en Europe, c’est l’un des fers de lance de Verkor. « Relocaliser la production de batteries en Europe présente de nombreux avantages : cela permet de limiter les risques liés au transport des matériaux dangereux, et donc les contraintes et les coûts, mais aussi de limiter l’empreinte carbone en réduisant l’impact logistique », précise Gilles Moreau. « L’atout supplémentaire de la France est son électricité très décarbonée, qui va nous permettre d’obtenir des batteries dont l’empreinte carbone sera beaucoup plus faible que celle des batteries produites en Chine, en Pologne ou en Allemagne. »

Dès le lancement de son Verkor Innovation Center, l’entreprise compte travailler sur plusieurs axes pour à la fois optimiser l’industrialisation des cellules et s’inscrire dans une démarche de développement durable. Parmi ces axes : la digitalisation, la traçabilité et le recyclage des déchets industriels. « Nous comptons mettre en place par exemple des outils qui vont nous permettre de surveiller de nombreux paramètres tels que l’utilisation des machines ou les process pour améliorer le rendement mais aussi éviter les déchets. Nous allons aussi intégrer des systèmes de traçabilité pour mesurer précisément les quantités de CO2 embarquées dans chaque cellule ou encore les quantités d’énergie consommées et ainsi pouvoir utiliser l’énergie de manière plus raisonnée », détaille le CIO. La gigafactory intégrera également un système intelligent de recyclage automatisé des déchets, qui permettra de réinjecter ces derniers dans le circuit de production. Ce faisant, l’entreprise souhaite s’engager dans une démarche vertueuse tout au long du cycle de vie des batteries, depuis le choix des matières premières jusqu’au recyclage.

Une approche coopérative

Pour mettre en place une production intégralement vertueuse, Verkor mise sur des partenariats tout au long de la chaîne de valeur. « Nous sommes convaincus que pour avancer, il faut travailler avec les meilleurs dans chaque domaine. Ces partenaires, tels que Capgemini, Schneider Electric ou Renault, vont nous aider à innover et développer certains axes comme la digitalisation », affirme Gilles Moreau. L’entreprise fait également partie d’un groupe de travail sur la stratégie française en matière de production de batteries, dans lequel les stratégies bas-carbone tiennent une place prépondérante.

Pour la société, le développement durable passe aussi par l’aspect humain : « Notre mode de gouvernance sera partagé, avec un management réfléchi et intelligent », ajoute le CIO.  Via la création d’un centre de formation, Verkor s’est donné pour mission de former une nouvelle génération d’experts pour la filière, en phase avec des processus de production intelligents et durables.

Prochaine étape pour l’entreprise : sécuriser le site qui accueillera sa gigafactory, avant le démarrage opérationnel prévu en 2025. Verkor vise une capacité de production de départ de 16 GWh avant de passer à 50 GWh d’ici 2030.