Concepteur et fabricant de pièces de vélo orientées sport et performance, l’iconique Look Cycle maintient son cap en mixant héritage et tendances contemporaines. Pour la croissance de l’entreprise, son président Federico Musi mise sur l’innovation et voit la vie en bleu-blanc-rouge.

Ajouté à ce trio de couleurs français, le jaune complète la palette du quadrillage qui a rendu Mondrian célèbre, et Look Cycle culte. Une forte identité de marque à laquelle s’ajoutent la performance et l’innovation qui, depuis la création de l’entreprise en 1951, orientent son activité vers les équipements sportifs professionnels.

Face à la concurrence et au regain d’intérêt des consommateurs pour la pratique du vélo, urbain ou d’usage plus vaste, Look Cycle s’applique depuis quelques années à élargir sa gamme. Ou comment se réinventer sans oublier son ADN, de plus en plus imprégné du Made in France.

La R&D et l’innovation au cœur de l’ADN

Au début des années 50, dans l’usine de Look implantée à Nevers, les mains fabriquent des vessies de ballons et des composants pour vélo. Une première activité à laquelle va venir se greffer une bonne idée, guidée par la passion du dirigeant de l’entreprise (Jean Beyl) pour le ski. Parce que ce sport lui offre autant de joie que de chutes, il lui inspire la clé du développement de Look : la fixation de ski. Une innovation qui, après avoir fait la joie des amateurs comme des pros de la descente enneigée, fera celle des cyclistes. Racheté en 1983 par Bernard Tapie, Look commence à réinventer sa roue en misant sur le vélo et plus précisément sur ses pédales. Son activité dédiée au ski revendue à Rossignol en 1994, Look devient Look Cycle, et continue d’innover pour mieux régner sur le marché de la petite reine.

En 2016, après plusieurs années de réussite et de remous, l’entreprise accueille Federico Musi au guidon. Porté par la réputation de la marque, il en maintient l’ADN historique. « Notre culture industrielle se concentre sur le savoir-faire technique, la R&D, la transformation de la matière, le tout toujours orienté sport et performance. », résume Federico Musi. Chez Look Cycle, quinze personnes travaillent quotidiennement à l’étude des innovations qui font le succès de l’entreprise et de ses produits. Dans un marché où la concurrence fait rage, la réputation de la marque et son histoire ne suffisent pas. « Pour nous différencier, il faut toujours repousser les limites. Les équipes se concentrent sur la conception de solutions techniques, et nous déposons des brevets dès qu’il est important de le faire. Ils nous permettent de protéger notre travail, mais aussi d’avancer et de nous démarquer dans le secteur, très compétitif », explique le chef d’entreprise. Un secteur d’autant plus concurrentiel qu’il n’est plus aujourd’hui le simple terrain de jeu des sportifs de haut niveau, mais également de ceux du dimanche et du lundi. Du loisir au quotidien en ville, le marché explose.

Une stratégie guidée par l’héritage et les nouveaux comportements

Heureusement, Federico Musi n’a pas attendu l’appel du pied des consommateurs pour s’ouvrir à cette nouvelle tendance. Dès son arrivée en 2016, le dirigeant a initié l’élargissement de la gamme de produits au monde de l’off-road et de l’urbain. L’entreprise, qui officiait déjà en Tunisie pour les objets carbone, a ouvert deux filiales, une aux Etats-Unis, et une autre à Taïwan. Pour faire de Look une marque en phase avec les nouveaux comportements, il a fait de l’anticipation l’une des clés de sa stratégie. « Notre force, depuis toujours, est de comprendre le marché et le client, d’imaginer les besoins et les tendances de demain ». En 2018, Look Cycle a commencé par créer une gamme de vélo gravel (vélo plus agile que l’original vélo tout-terrain) pour s’ouvrir à un nouveau public. Aujourd’hui, la marque s’est naturellement mise à l’électrique et plus globalement, au lifestyle. Avec cette gamme, pas question de viser les prochains Hinault ou Jalabert, c’est le loisir qui est visé.

Toujours hauts de gamme, les produits qui s’ajoutent à la liste des existants suivent également la ligne esthétique qui a fait la renommée de la marque, en parallèle de ses prouesses techniques. « Côté marque, le travail a été fait en continuité de notre historique. On doit valoriser cet héritage qui est un réel atout dans le monde du vélo. », affirme Federico Musi. Capital, il sert de base à des évolutions permanentes et contemporaines. « On travaille sur l’image de la marque, les couleurs, les logos, le design, mais aussi sur les technologies embarquées sur les produits pour être capable de tenir la concurrence. Si on regarde la gamme aujourd’hui, par rapport à ce qu’on proposait il y a cinq ans, c’est très différent ». Le même renouveau sera lisible dans cinq nouvelles années, durant lesquels des changements stratégiques initiés auront également commencé à montrer leurs effets.

Une stratégie bleu-blanc-rouge soutenue par France Relance

Récemment, Look Cycle a annoncé avoir engagé un projet de relocalisation d’une partie de sa production de pédales VTT à Nevers. 20% de ces produits étaient jusqu’alors fabriqués en Asie. Une ambition qui coûtera plusieurs millions d’euros, somme compensée par les dispositifs de France Relance dont l’entreprise est lauréate. Une aubaine pour Look Cycle. « Le plan de relance nous permet d’accélérer notre action sur différents projets de développement et d’innovation. Nous pouvons aller encore plus vite en renforçant notre plan industriel. En nous recentrant sur le Made in France pour la partie composants, on vise l’autonomie industrielle sur une grande partie de notre activité. », ambitionne Federico Musi. De quoi renforcer un autre pan de l’ADN de la marque cher au dirigeant, et d’améliorer la compétitivité de l’entreprise.

La crise sanitaire n’y est pas pour rien. « Notre choix de garder une grande partie de notre production en France depuis le début nous a donné des avantages compétitifs, et ce encore plus pendant cette période inédite. Nous avons rencontré peu de problèmes d’approvisionnement malgré une hausse de la demande ». Relocaliser dans l’Hexagone prend ici tout son sens, et ce d’autant plus que le Made in France est, au-delà des aspects logistiques de production, un argument de vente. « Nous venons de terminer une enquête client qui indique que la fabrication française est un élément différenciant apprécié des clients finaux ». Une stratégie deux-en-un, célébrée les 3 et 4 juillet à l’Elysée lors de l’Exposition du Fabriqué en France.