En 2016, le groupe ARMOR (spécialisé dans les technologies d’impression et d’enduction), a fait son entrée sur le marché de la fabrication additive, suivi de la création de sa marque dédiée Kimya en 2018. Une initiative en phase avec les ambitions de l’entreprise, portée par l’innovation et la R&D. Pierre-Antoine Pluvinage, directeur business development de l’activité fabrication additive du groupe ARMOR, raconte. 

Derrière l’initiative Kimya, une première volonté : recycler les déchets plastiques d’impression de l’entreprise en filaments 3D éco-conçus. Fort de la réussite de cette nouvelle activité de transformation et de production, le groupe ARMOR a élargi sa stratégie pour offrir ses services aux industriels. Une offre divisée en trois volets : la formulation et la production de matériaux 3D sur-mesure à haute valeur ajoutée, l’accompagnement des entreprises dans leurs projets de fabrication additive et la production de pièces en petite série.

Néanmoins, si l’impression 3D constitue l’un des leviers de l’industrie 4.0, selon Pierre-Antoine Pluvinage, elle ne doit pas être vue comme une fin en soi : « La fabrication additive est un maillon de la chaîne de valeur de l’innovation, mais il ne faut pas se limiter à la technologie en soi et au contraire aller toujours plus loin ».

Trois axes d’innovation

Kimya s’est donné pour mission d’innover sur trois axes définis : le développement des matériaux et des fichiers 3D et l’automatisation du process.  Installée en région nantaise, l’activité du groupe ARMOR dédiée à l’impression 3D qui compte 21 employés et dispose d’une soixantaine de machines, travaille par exemple sur la création d’un matériau susceptible d’améliorer la résistance d’une pièce fabriquée en couches en Z (par le haut), via un processus chimique provoqué lors de la fabrication. « L’idée n’est pas seulement de prendre des matériaux qui existent pour les transposer directement à la fabrication additive, mais au contraire de les travailler pour les adapter », précise Pierre-Antoine Pluvinage. Innover, pour Kimya, c’est également repenser le design des pièces à travers le prisme de cette technologie : « La force de la fabrication additive, c’est que l’on peut créer des pièces complexes, impossibles à fabriquer auparavant ». Et ce, dans des secteurs très variés, puisque l’entreprise accompagne des industriels dans les secteurs du transport, notamment ferroviaire, de l’électronique ou encore de l’alimentaire.

Une technologie vertueuse

La marque cherche également à améliorer l’automatisation de ses process, afin de réduire les coûts mais aussi son impact sur l’environnement. Kimya sert aujourd’hui de nombreux industriels désireux de recycler leurs déchets de production pour imprimer des prototypes. « Il s’agit d’une technologie vertueuse également dans le sens où elle permet de ne pas utiliser plus de matériau que nécessaire, contrairement à un bloc que l’on viendrait tailler. De plus, nous nous intéressons d’abord au client et à ses besoins, au lieu d’essayer de vendre un produit qui n’a pas été conçu pour lui. Cela signifie une production raisonnée, qui évite les gros volumes », explique Pierre-Antoine Pluvinage.

Être global en produisant localement

L’entreprise mise enfin sur la relocalisation de la production afin de se rapprocher de ses clients, et ainsi éviter le transport et le stockage des matières premières ou des produits finis. Kimya ambitionne ainsi de se développer davantage aux Etats-Unis et de s’implanter en parallèle dans une quinzaine de pays en Asie, afin de produire sur place pour ses clients internationaux. « L’idée, conclut le directeur business development, c’est d’être global mais en produisant localement. Nous voulons vraiment aller jusqu’au bout de la logique d’agilité et de flexibilité que représente cette technologie et l’appliquer à nous-mêmes ». Une stratégie qui s’est avérée payante, cette activité du groupe dédiée à la fabrication additive ayant réalisé un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros en 2020, soit une augmentation de 200% par rapport à 2019.

 

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