Après la tempête vient le calme. Portée par la levée progressive des mesures de restriction et la résilience dont ont fait preuve les PME et ETI en fil rouge durant la crise sanitaire, la situation économique de la France devrait connaître un rebond dès cet été.  

-7,9% de PIB en moyenne annuelle en France en 2020 : les restrictions sanitaires mises en place pour faire face à la Covid-19 ont bouleversé le quotidien des PME et ETI. Après près d’un an et demi de dysfonctionnements, les voyants passent au vert. Preuve en est notamment la nouvelle estimation de la Banque de France, qui ce lundi 14 juin a revu à la hausse le rebond de PIB attendu en le faisant passer de 5,5% à 5,75% soit presqu’1% de plus que ce que prévoyait le gouvernement (5%).  

Ce rebond économique pourrait profiter de plusieurs facteurs : la levée des restrictions, l’optimisme persistant des dirigeants impliquant notamment une propension à investir malgré la crise, le maintien des aides publiques et en parallèle, le retour à la consommation des ménages.  

Les dispositifs publics de soutien au service de l’optimisme des dirigeants  

Activité partielle, Prêt Garanti par l’État – PGE, fonds de solidarité, reports de charges… Les dispositifs publics mis en place pour palier les restrictions liées à la crise sont en partie responsables de la situation encourageante de l’emploi, mais également du maintien à niveau stable de la trésorerie des entreprises. Côté industrie, l’emploi reprend timidement son niveau d’avant crise avec une augmentation de 0,1% notée ce premier trimestre, qui lui garantit pour l’instant une stabilité par rapport à l’année 2020. Au global, Bpifrance La Lab indique une baisse de 1,6% de l’emploi salarié en 2020, soit un niveau limité de destruction.  

Quant à la trésorerie des entreprises, le dernier baromètre réalisé avec Rexecode indique qu’une amélioration est attendue dans les deux prochains mois. 18% des dirigeants interrogés ont en effet déclaré attendre une hausse des sommes disponibles dans leur société (contre 10% le trimestre dernier). Une tendance positive portée entre autres par un recours massif au PGE, rassurant pour les dirigeants, dont 70% déclarent n’en avoir utilisé qu’une infime partie.  

Un optimisme au service des prises d’initiatives 

En plus des bonnes conditions de financement notées par Le Lab, cet optimisme des dirigeants est soutenu par France Relance et ses divers dispositifs de soutien. Le plan a entre autres eu un impact à hauteur de 1 point en 2021 et 2022 sur le PIB français, et devrait lui faire cumuler plus de 3 points à l’horizon 2024. Grâce à lui et à la levée progressive des restrictions, la situation des entreprises du Coq Bleu ainsi que la transformation de l’industrie poursuivent leur cours en suivant un chemin positif, souligné notamment par un renforcement des intentions d’investissement des dirigeants de TPE et PME. D’après les réponses obtenues dans le cadre du baromètre Bpifrance Le Lab et Rexecode de mai, 57% des dirigeants souhaitent investir en 2021, soit 2 points de plus qu’en février dernier. Deux axes sont aujourd’hui privilégiés, portés entre autres par France Relance : le renouvellement et la modernisation des équipements, et l’environnement, enjeu qui a pris de l’ampleur récemment avec 5 points de plus d’intention d’investissements des dirigeants par rapport à février.  

En parallèle, les entreprises étrangères ont montré qu’elles avaient elles aussi foi en l’économie française. D’après le baromètre annuel du cabinet EY, les investissements ont en effet continué d’affluer dans l’Hexagone. Malgré une baisse évidente des initiatives prises hors des frontières, la France demeure en effet en tête du classement européen, grâce aux 980 projets étrangers enregistrés en 2020 malgré la crise.  

Dans son analyse de la situation économique actuelle française, Le Lab pointe tout de même les risques amenant à rester vigilant. Les difficultés d’approvisionnement de certains secteurs ont notamment entrainé une hausse des prix des matières premières et des coûts de transport à surveiller. La Banque de France ne semble néanmoins pas inquiète de cette inflation qu’elle qualifie de « temporaire », et qu’elle a chiffrée à 1,5% pour l’année 2021 et à 1,2% les deux années suivantes.