Après avoir racheté Moscatelli, une entreprise de chaudronnerie, mécanique et tuyauterie en 2017, Rémy Volps est parvenu à lui redonner vie en impliquant toutes ses équipes et en investissant dans l’outil de production. Histoire d’une reprise heureuse

« Garder les deux pieds ancrés sur terre et la tête dans les nuages pour se projeter ». En une phrase, Rémy Volps résume sa philosophie. Chaudronnier de métier, ce dernier a tout connu, gravi les échelons, avant de quitter son job pour racheter la PME où il a fait ses débuts dans les années 2000. Fondée en 1971 dans le Vaucluse, Moscatelli est spécialisée dans la production et l’installation de pièces de grandes dimensions pour les secteurs de l’industrie pharmaceutique, agro-alimentaire, nucléaire, hydro-électrique ou encore cosmétique. « Quand j’ai appris qu’elle était à vendre, je n’avais pas d’argent, mais une envie énorme », confie Rémy Volps. « La cible était excellente : une entreprise peu chère dotée de belles compétences humaines ». « Sauf qu’elle sombrait. Il lui fallait un nouveau projet, une ambition. C’était toute la stratégie qu’il fallait changer ». 

Trois défis pour une renaissance 

Premier défi : investir dans l’outil de production. Quand Rémy Volps prend la tête de la PME en 2017, la machine la plus récente dans l’atelier « date de 1984 », raconte-t-il. « En fait, c’était comme débarquer dans une entreprise figée dans les années 1990. Le sous-investissement était critique ». Sans tarder, il crée un bureau d’étude, embauche des spécialistes et investit dans l’outil de production, avec la découpe plasma ou encore des centres d’usinage à commande numérique. Une cellule robotisée de soudage a également rejoint l’usine depuis. 

Deuxième défi : changer de cibles. En 2017, le portefeuille clients a fondu. « Beaucoup avaient été abandonnés car ils exigeaient des produits compliqués dans des délais courts… Quand je suis arrivé, j’ai décidé qu’il fallait faire l’inverse ! » Le nouveau Moscatelli précise son périmètre de prestation : celui-ci embrassera l’ingénierie jusqu’à la maintenance. Rémy Volps et ses équipes s’emploient dès lors à « trouver de nouveaux clients à forte valeur ajoutée, en quête de technicité ». Une agence commerciale est ouverte à Grasse pour cibler les parfumeurs. En parallèle, le nouveau bureau d’étude permet de gagner de nouveaux marchés, notamment sur le chantier d’Iter, à Cadarache (Bouches-du-Rhône). 

Troisième défi : cultiver l’ambition en interne. Malgré des années 2018 et 2019 difficiles, le virage stratégique finit par porter ses fruits. Moscatelli affiche un chiffre d’affaires de 14 millions d’euros environ et espère atteindre entre 25 et 30 millions d’euros de CA d’ici 2025. Elle compte par ailleurs près de 120 salariés, contre 75 en 2017. Afin de préserver cette dynamique, la PME vient d’investir plus de 5 millions d’euros pour s’installer sur un nouveau site, à Entraigues (Vaucluse). « Pendant le confinement, j’ai proposé aux équipes d’imaginer ce que nous pourrions devenir dans trois ou quatre ans, raconte le PDG. Nous avons phosphoré au lieu de broyer du noir. Une forme de thérapie ! ». Et même un peu plus que cela, car, à l’été 2020, les échanges ont permis de formaliser le projet de nouveau site, pour lequel Moscatelli obtiendra même une précieuse subvention dans le cadre du plan France Relance. 

« Quand j’ai exprimé mon souhait de racheter Moscatelli en 2017, 95 % des gens me disaient que j’étais fou, se souvient Rémy Volps. Mais à cette époque, je considérais déjà qu’on ne pouvait pas avoir un pays sans industrie ». Il n’a évidemment pas changé d’avis.