Augmenter ses investissements, telle serait l’ambition actuelle des dirigeants de PME en général, des industriels en particulier. Un optimisme grandissant chez les chefs d’entreprise, qui pourrait se confirmer avec l’arrivée d’un nouveau plan du gouvernement.  

L’Insee confirme un rebond dans l’industrie 

Deux données. Tout d’abord, l’indicateur de climat des affaires (qui « résume la tonalité des enquêtes européennes de conjoncture ») défini par l’Insee en avril 2021 indique que les industriels se détachent du lot en termes d’optimisme lié à leur croissance. Alors que les secteurs du commerce et des services ont perdu respectivement 5 et 3 points, l’indicateur de l’industrie en a quant à lui gagné 5. En passant à 104 (pour une moyenne de 100), il démontre une progression de la confiance des entrepreneurs du Coq Bleu face à la relance de leur activité.  

En parallèle, l’Insee a également interrogé des dirigeants d’entreprises industrielles manufacturières sur leurs intentions d’investir à l’avenir. Les résultats confirment la conjoncture, puisqu’après avoir reculé de 12% en 2021, l’investissement dans l’industrie pourrait augmenter de 10% cette année. Des résultats positifs néanmoins nuancés par les pénuries persistantes sur certains composants, liées au raffermissement de la demande.  

De bonnes perspectives de croissance pour les PME au 2ème trimestre 

Dans leur baromètre trimestriel dédié aux PME, Bpifrance Le Lab et Rexecode annoncent une amélioration de la trésorerie des PME/TPE et un rebond des prévisions d’investissement.  

Si 27% des dirigeants interrogés anticipent une dégradation de la situation de leur trésorerie pour les trois mois à venir, 18% d’entre eux s’attendent au contraire à une amélioration (soit 8% d’optimistes de plus par rapport au trimestre précédent). En miroir à l’étude de l’Insee, le baromètre note également une progression des intentions d’investissement : 57% des dirigeants ont en effet déclaré vouloir investir cette année, soit 2 points de plus qu’en février 2021. Principales artères bénéficiaires de ces fonds : le renouvellement et la modernisation des équipements, et le motif « environnemental », bonne surprise de ces résultats.  

Ombre au tableau, les difficultés de recrutement sont de nouveau perçues comme l’un des principaux freins à la croissance des PME/TPE, avec une hausse de 6 points ce trimestre. Le niveau des coûts et des prix serait la cause principale de ce revirement.  

Pas de second plan de relance, mais un plan d’investissement « sur le long terme » 

De toutes les bouches et oreilles, l’idée d’un second plan de relance a été démentie par Bruno Le Maire, qui laisse néanmoins planer la possibilité du lancement d’un plan d’investissement à long terme.  

Historique, le plan de relance de 100 milliards d’euros présenté par le gouvernement le 3 septembre 2020 pour faire face à la crise continue de se déployer. Invité sur franceinfo le 10 mai, le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance a affirmé que grâce à ce plan, la France retrouverait son niveau d’activité de 2019 dès 2022. Il a également posé cette question « Est-ce qu’on ne peut pas faire mieux ? ».  

Alors que se dessinait petit à petit la rumeur de la mise en place d’un second plan, Bruno Lemaire a mis de côté « la relance », en cours, pour la remplacer par une ambition post retour à la normale. Le ministre a en effet évoqué son envie d’aller plus loin et d’« avoir une économie plus compétitive, plus productive, qui crée plus de croissance et surtout, plus de respect de l’environnement ». Pour répondre à ces enjeux, c’est un « plan d’investissement sur le long terme » qu’il envisage…