Créée en 2017 par Laure et Alexandre Prevault-Osmani, l’entreprise SABI AGRI s’est attaquée au problème de mobilité dans le secteur de l’agriculture en concevant des équipements 100% électriques, respectueux de la planète comme de l’Homme.

« Lorsque nous avons conçu nos premiers produits, nous ne nous sommes à aucun moment dit qu’il fallait transformer les moteurs thermiques des tracteurs en moteurs électriques. Dès le début, nous voulions construire quelque chose de totalement nouveau. », explique Laure Prevault-Osmani. Repartir de zéro, la co-fondatrice l’a fait en quittant son métier d’avocate pour se consacrer à son entreprise, portée par l’expérience de maraîcher et d’ingénieur mécatronique d’Alexandre Prevault-Prevault, co-fondateur de la société et partenaire de terrain. L’objectif : allier performance et bien-être de l’Homme, base d’un mouvement cher au duo d’entrepreneurs, l’agroécologie.

Un besoin concret né d’une expérience de terrain

« Est-ce que j’ai besoin d’un moteur thermique ? Non. Est-ce que j’ai besoin d’un engin aussi puissant ? Non. Est-ce que j’ai besoin d’être aussi loin du sol ? Non. ». Pour Alexandre Prevault-Osmani, les questions comme leurs réponses étaient évidentes. Ses divers échanges avec d’autres agriculteurs ayant confirmé l’aspect général du besoin, l’ingénieur mécatronicien devenu maraîcher s’est lancé dans la conception de l’agroéquipement parfait. A temps plein sur son innovation et sur son prototypage, ils ont accéléré le développement de SABI AGRI suite à une première levée de fonds. De leurs recherches et travaux sont nés des équipements réunissant plusieurs atouts, et valeurs. D’abord, le tracteur électrique vendu par SABI AGRI a une forme différente des tracteurs traditionnels. « Le conducteur est à 50 centimètres du sol, ce qui lui évite de monter et de descendre en permanence et améliore considérablement la pénibilité du travail », explique Laure Prevault-Osmani. Ce même squelette évite un écueil bien connu des maraîchers et agriculteurs, le tassement du sol, qui perturbe autant la faune que la terre dont est issue une grande partie de nos denrées alimentaires.

Cette forme si particulière est notamment due à sa motorisation, 100% électrique. Un choix motivé par des valeurs environnementales, et guidé par le concept de « sobriété énergétique ». « En plus de la limitation évidente des émissions de gaz à effet de serre, on est parti du principe qu’il fallait limiter le besoin de puissance du véhicule. Grâce à cette sobriété, on limite également les besoins énergétiques de l’électrique ». D’une pierre, deux coups. Grâce à cet ensemble de données, un tracteur SABI AGRI permet de diviser par 10 la consommation par rapport à un moteur thermique, de limiter les sons et les vibrations entachant le confort de l’utilisateur mais également de faire baisser les coûts. D’une part, parce que la machine consomme moins, d’autre part parce qu’elle nécessite peu de maintenance. Bonus, un toit panneau solaire permet de gagner jusqu’à 20% d’autonomie et à fortiori, de limiter un peu plus les besoins énergétiques, même électriques. Des caractéristiques nourries par l’agroécologie, concept moteur de l’entreprise et de ses deux fondateurs.

L’engagement écologique au cœur de l’initiative

« Si nous n’étions pas engagés pour l’agroécologie et les valeurs environnementales, il n’y aurait pas de SABI AGRI. Cet engagement est au cœur du projet et de notre quotidien à tous les deux, on ne peut ni changer de voie, ni œuvrer pour autre chose. », affirme Laure Prevault-Osmani. Pour les deux co-fondateurs, il s’agit de nourrir l’agriculture et ses pratiques en s’appuyant sur la nature, le tout sans sacrifier l’Homme. Une philosophie qui irrigue même leur façon de recruter : « C’est un chemin que l’on fait prendre par tous nos collaborateurs en phase de recrutement. La valeur environnementale est nécessaire pour entrer chez nous parce qu’elle permet d’unir les compétences en suivant un même but, le bien sociétal. ». En cela Laure Prevault-Osmani se revendique aussi du mouvement Tech for Good, qui traduit pour elle que son innovation a du sens et une ambition qui dépasse le cadre de son entreprise.

D’ailleurs, elle ne nie pas que le secteur agricole est aujourd’hui à la pointe en termes de technologies, bien au contraire : « L’agriculture n’a aucun retard en termes d’innovation. C’est un secteur qui s’est vraiment transformé. Aujourd’hui, lorsque vous rentrez dans une cabine de tracteur moderne, elle est remplie d’outils numériques. ». Une modernité positive pour le secteur, néanmoins nuancée par la co-fondatrice. « Avec le tout numérique on a peut-être oublié de revoir les agroéquipements de base, regrette-t-elle. Ce n’est pas parce que vous avez un GPS que vous allez empêcher les tassements de sol. Ce n’est pas parce que vous avez telle commande numérique que vous n’allez pas émettre de gaz à effet de serre. ». Pour toutes ces raisons, SABI AGRI évite la gadgetisation.

Laure Prevault-Osmani tient également à souligner l’existence d’un autre impératif de recrutement dans son entreprise : celui de la mixité et de l’égalité, aussi bien entre hommes et femmes en particulier, qu’entre collaborateurs en général : « On a à cœur que tout le monde se sente à sa place. Il n’y a pas les ouvriers d’un côté et les ingénieurs de l’autre, les hommes ici et les femmes là. Dans le bien-vivre de demain, il y a la façon dont on intègre tout le monde. ».