Fabrique artisanale ligérienne, la Biscuiterie de Chambord possède aujourd’hui neuf boutiques en France et 45 salariés. Son propriétaire Patrick Collin et son directeur général Jonathan Chigot semblent avoir trouvé la recette gagnante entre tradition et ambition, sans perdre vue le caractère régional de l’entreprise. 

Viser haut, produire plus, s’étendre… Certes, « mais on continuera à mettre un à un les biscuits dans les barquettes ! » assure Jonathan Chigot, le directeur général de la Biscuiterie de Chambord. C’est à Maslives, petite commune entre la Loire et le célèbre château de François Ier, que l’établissement fondé en 1978 par un exploitant avicole produit ses délices d’antan. On y trouve tuiles, croustillants, cakes et autres sablés, sans oublier le palet solognot, le biscuit historique qui a fait la réputation de la marque. 

Grandir sans perdre son ADN d’artisan local 

Aujourd’hui, la Biscuiterie de Chambord, rebaptisée ainsi en 2005 après son rachat par le biscuitier breton Patrick Collin, est à l’étroit. Motivé par l’ambition d’évoluer, son propriétaire a décidé d’investir 6 millions d’euros pour se procurer un nouveau local. « En 2022, une fois le chantier achevé, notre production annuelle devrait passer de 230 tonnes à plus de 500 », détaille Jonathan Chigot. Le nouveau site fera 3 000 m² au total. Il sera composé d’un atelier, d’une boutique, d’un espace de réception de groupes et d’un couloir de visite. La biscuiterie prévoit d’embaucher 20 personnes dans les cinq prochaines années. 

Pas question pour autant de s’industrialiser, insiste le directeur général, lui-même pâtissier : « Nous n’allons pas devenir un petit industriel, juste un gros artisan ! Nous allons garder nos process actuels en dupliquant les postes  et en automatisant certaines tâches difficiles !Nous voulons rester une entreprise à taille humaine et préserver nos valeurs. Nous n’avons pas de turn-over et nous n’avons aucune envie que cela change »Cet état d’esprit « familial d’entraide et de soutien » constituerait la marque de fabrique de la biscuiterie. Des équipes impliquées et créatives, « un propriétaire extraordinaire qui ose » (dixit son directeur général) et un savoir-faire artisanal défendu bec et ongle : la Biscuiterie de Chambord veut grandir sans perdre son âme de PME régionale.  

La biscuiterie allie synergies régionales et ambition internationale 

L’entreprise s’est aussi démarquée en 2020 en innovant malgré le contexte morose. Remède anti-crise ? Elle a développé d’inédites synergies régionales, dont une opération de co-branding avec le chocolatier Max Vauché ou encore des biscuits salés en association avec la Maison Martin-Pouret, dernier Maître Vinaigrier d’Orléans. Le succès a été au rendez-vous. Esprit collaboratif, circuits courts, artisanat engagé… Le directeur général assure n’avoir rien prémédité : « Je me suis juste fait plaisir. Nous avons envie de valoriser les autres artisans locaux, même les biscuiteries. Tout n’est pas que business et marge : depuis le début de la crise sanitaire, nous avons besoin de nous entraider. Faire la promotion, ensemble, de notre région nous tire tous vers le haut ! » 

Dès 2022, l’entreprise prévoit l’ouverture de nouvelles boutiques, puis une augmentation de ses ventes à l’export : Asie, Moyen-Orient, Europe. Les ventes hors de France représentent aujourd’hui à peine 2% du chiffre d’affaires de la maison. Elle espère les faire grimper à 15% d’ici 2027. « La demande pour du biscuit bio français est forte aujourd’hui en Europe », affirme Jonathan Chigot.