Delta Dore, spécialiste français des solutions « smart » pour la maison ou les bâtiments tertiaires ou industriels développe une ambitieuse stratégie industrielle. Robots et cobots lui ont permis de maintenir sa production en France. 

« Pour rester un acteur industriel compétitif tout en produisant en France, il est vital de repenser ses flux et d’intégrer la robotique », clame Philippe Noslier, directeur de fabrication et responsable du programme « industrie du futur » chez Delta Dore. L’ETI familiale bretonne créée en 1970, pionnière de la maison et du bâtiment connectés, fait rimer (avec succès) industrie 4.0 et made in France. Elle compte aujourd’hui 17 robots et cobots dans ses deux usines françaises, pour 200 opérateurs de production, soit quatre fois plus que la moyenne de l’industrie française et un taux similaire à celui de la Corée du sud, pays leader sur le sujet. 

C’est en 2015 que Delta Dore a opéré le tournant stratégique : miser sur l’industrie 4.0 pour préserver son identité française. Deux ans plus tard, l’entreprise reçoit le label « vitrine industrie du futur ». Entre les deux, Philippe Noslier et ses équipes ont œuvré à amorcer la transformation dans les deux sites de production d’où sortent chaque année près de 4,5 millions de produits connectés. « La première brique de notre transformation a été celle du lean management », explique le directeur de fabrication. Il a aussi fallu refonder les flux d’information, avec le facteur humain au centre de jeu : ergonomie, postes tournants pour limiter les répétitions, communication fluidifiée pour éviter les réactions de stress… 

Les robots et cobots ont renforcé le rôle de l’humain dans l’usine 

À l’origine, la stratégie de Delta Dore répondait à un double objectif : renforcer la compétitivité du groupe face à des concurrents étrangers et améliorer les conditions de travail dans les usines. Avec, en filigrane, la volonté claire de conserver une production en France. 

Au fil des années, la place et le rôle des salariés se sont ainsi transformés dans les usines 4.0 de Delta Dore. « D’opérateurs, ils sont devenus conducteurs de machines et de lignes », détaille Philippe Noslier. Car aussi innovants qu’ils soient, les robots ou cobots connaissent des défaillances. Les employés des lignes doivent donc désormais cohabiter avec eux, identifier et remonter les problèmes. « Nous les formons pour qu’ils acquièrent une connaissance de la machine. Ce ne sont plus les mêmes rapports avec les fonctions support. L’industrie du futur développe l’esprit de collaboration ». 

L’industrie du futur attire « les nouveaux talents » 

Ce qu’elle nourrit aussi, c’est l’esprit d’innovation et la R&D. Fin 2020, Delta Dore a reçu le trophée INPI dans la catégorie « Brevet ». Elle dispose en outre d’un bureau d’études intégré. En 2021, un budget d’investissement de 1,5 million d’euros sera destiné à l’outil industriel. « La direction croit dans la fabrication française », insiste Philippe Noslier. 

Quel bilan tirer des premières années de l’ère 4.0 de Delta Dore ? « Les coûts ont nettement diminué et recruter des talents pour ces nouveaux postes est de plus en plus facile », se réjouit le directeur de fabrication. « La robotique fait rêver, nous arrivons à attirer des jeunes dans l’industrie ! ». 

 

Delta Dore en chiffres 

Créée en 1970 en Bretagne
800 employés
Deux sites de production : Bonnemain (Ille-et-Vilaine) et Revin (Ardennes)
4,5 millions de produits fabriqués en France chaque année
142 millions d’euros de chiffre d’affaires (2020), dont un tiers à l’export
53 brevets actifs