La France se positionne pour devenir un leader mondial de l’hydrogène vert à l’horizon 2030.  Le gouvernement annonce un plan de 7 milliards d’euros consacrés à cette énergie d’avenir, dans la perspective de concilier développement technologique et transition écologique.

Cette stratégie s’articule autour de trois priorités. D’abord, faire émerger une filière française de l’électrolyse. La production, réalisée en France, doit évoluer vers des projets de plus grande taille. C’est une stratégie “différente” mais aussi “plus solide, plus souveraine et plus efficace économiquement” a détaillé le Ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire. La France vise 6,5 GW d’électrolyseurs à l’horizon 2030.

Deuxième priorité, développer une offre de mobilité lourde à l’hydrogène. Celle-ci doit favoriser la décarbonation des poids lourds, et notamment des flottes captives parcourant de longues distance à flux tendu. L’avion neutre en carbone, quant à lui, est fixé à l’horizon 2035.

Troisième priorité, soutenir la recherche et l’innovation pour rester à la pointe au niveau international. La France possède déjà une recherche de premier ordre. Mais il s’agit aussi de développer les compétences en formant à la spécificité du gaz hydrogène et de ses utilisations, et de créer de gigantesques campus rassemblant universités, écoles d’ingénieurs et formations professionnelles.

Grâce à son parc électronucléaire et hydraulique, la France dispose d’atouts uniques. Elle s’appuie sur des géants historiques comme Air Liquide, mais aussi quelques pépites. Le fabricant de piles à combustible Symbio, filiale de Michelin, industrialise les systèmes hydrogène pour les véhicules électriques de série comme pour les poids lourds. Le spécialiste de l’électrolyse McPhy lance une “giga factory” capable de produire des électrolyseurs à grande échelle. Une première en Europe, Lhyfe développe des sites de production d’hydrogène vert à partir d’un parc éolien. Son centre de R&D est à la pointe de la production d’hydrogène offshore.

Des synergies européennes voient le jour. Le français Air Liquide et l’allemand Siemens Energy ont signé un protocole afin de produire des électrolyseurs à échelle industrielle. Encore récemment, Air Liquide a annoncé aider ArcelorMittal à produire de l’acier vert en développant des solutions innovantes impliquant l’usage d’hydrogène bas carbone et des technologies de captage de CO2.   Le français H2V et le norvégien HydrogenPro développent deux projets d’usines d’hydrogène vert. 460 millions d’euros sont investis, pour une production de 56 000 tonnes d’hydrogène vert.

Axe prioritaire d’investissement, l’hydrogène décarboné doit aider la France à atteindre l’objectif de 53 millions de tonnes de CO2 émises par an par l’industrie en 2030, contre 80 millions aujourd’hui. La French Fab qui représente les entreprises, les acteurs économiques et les institutions de l’industrie française accompagne ce mouvement de transformation.

 

Cet article a été écrit dans le cadre de la foire de Hanovre et publié dans sa version anglaise sur notre pendant anglophone et international. Le salon, 100% digital cette année, mettra notamment en lumière deux thématiques du Coq Bleu : l’hydrogène et la transformation numérique.