Guillaume de Seynes, président du comité stratégique de filière « Mode et Luxe », a remis son rapport « Relocalisation et Mode durable » à Agnès Pannier-Runacher et Barabara Pompili. L’étude avait été confiée au comité en juillet dernier, pour réinterroger le modèle du secteur. 

« Le rapport du Comité Stratégique de Filière (CSF) Mode et Luxe nous donne une bonne nouvelle : les intérêts économiques et environnementaux se rejoignent », déclare la ministre de la Transition Ecologique dans un communiqué. Confiée l’été dernier au CSF « Mode et luxe», cette mission «visait à examiner les bénéfices et risques d’une relocalisation de certaines activités en France comme avantage comparatif face à la tendance de développement de la « mode durable », marché en pleine expansion. ». Avec cette analyse, c’est la remise en question de certaines bases économiques du secteur qui étaient attendues, et avec elle, la recherche de solutions pour l’avenir.  

Dans les conclusions remises mardi 19 janvier par Guillaume de Seynes aux ministres de l’Industrie et de la Transition Ecologique, des grandes convictions, plusieurs constats, et 36 propositions visant à « structurer un écosystème encore plus durable et local » ont émergé.   

Côté convictions, trois choses se dégagent du rapport :
– l’idée que l’intérêt croissant des consommateurs pour l« mode durable » est aujourd’hui une tendance de fond pour l’ensemble des segments de marché ; 
– la nécessité de remettre en question les modèles économiques pour répondre à ces nouveaux enjeux ; 
– l’importance du « Fabriqué en France », qui permet de promouvoir l’image de l’Hexagone, l’excellence de ses savoir-faire et de soutenir l’emploi et le développement locaux. 

De l’importance de travailler de concert entre fabricants, donneurs d’ordres et Etat 

De ces convictions se sont dégagées 36 recommandations, s’appuyant sur quatre grands constats :
– le prix des produits « Fabriqués en France » est le premier facteur d’arbitrage et « le premier frein à la relocalisation de l’activité ». S’en découle une nécessité d’être pédagogue avec les consommateurs et les donneurs d’ordre, et de tenter, en parallèle, de réduire cette différence de prix ;
– si la « mode durable » est une tendance qui pose question aujourd’hui pour l’ensemble des acteurs du marché, elle doit être prise comme une opportunité pour les créateurs et fabricants français et européens, « à certaines conditions ». La responsabilité sociale, l’impact carbone et le soutien aux projets et démarches innovantes de développement de la production de matières naturelles locales ou recyclées sont mises en avant comme devant leader la recherche de solutions ; 
– renforcer la collaboration entre donneurs d’ordre et fabricants est indispensable car elle est, entre autres, source d’agilité pour l’ensemble des acteurs ;
– la puissance publique, par le biais de différents programmes d’investissements d’avenir et les dispositifs mis en place par France Relance, doit appuyer les entreprises de la filière dans leur recherche de solutions.  

« Nous avons une industrie textile, une maroquinerie, une bijouterie et bien d’autres secteurs encore qui peuvent se prévaloir d’une production à la fois durable et de qualité. Il faut utiliser de manière plus affirmée ces leviers », résume la ministre de l’Industrie dans le communiqué.