Valoriser les déchets issus de l’industrie bananière pour les transformer en revêtement décoratif et écologique, telle est la mission de l’entreprise martiniquaise FIBandCo. Le respect de l’environnement et l’économie circulaire sont au cœur des valeurs de la société, qui mise jour après jour sur sa capacité à innover pour croitre et se diversifier.

Créée en 2010, hier petite startup ambitieuse, l’entreprise FIBandCo est aujourd’hui une petite entreprise industrielle insulaire à portée internationale, dotée d’un savoir-faire dont elle seule a le secret. Sa clé : le bananier, dont la culture génère une grande quantité de déchets agricoles de biomasse. « Le bananier n’est pas un arbre mais une plante géante dont le cycle est unique. Il ne va produire de fruits qu’une seule fois dans sa vie et est automatiquement coupé une fois le régime de bananes récolté », explique Julien Tacco, Directeur Commercial de FIBandCo. C’est là que l’entreprise intervient.

Le respect de l’environnement comme leitmotiv

L’usine de FIBandCo récupère les déchets agricoles pour en extraire la fibre et la transformer. « Notre technique ne nécessite que très peu d’intrants, pas d’eau, pas de procédé à haute température voire pas de colle. L’idée est d’utiliser 100% de ce qui est dans le tronc du bananier pour que notre production ait un impact environnemental limité. ». A la sortie de l’usine FIBandCo, c’est un matériau biosourcé et breveté nommé Green Blade qui est ensuite exploité. L’entreprise joue sur plusieurs terrains, tous liés à l’architecture et au design. « Notre produit peut servir à fabriquer des panneaux acoustiques, des panneaux décoratifs et autres revêtements en tout genre qui offrent des applications que ne propose pas le bois traditionnel. », explique Julien Tacco. Si le Green Blade a l’aspect du bois, il s’en distingue sur un point particulièrement d’actualité : sa fabrication ne participe pas au processus de déforestation.

Pour aller plus loin dans la RSE, FIBandCo fait vivre l’île et ses habitants. Parce que la fibre de bananier doit être traitée fraîchement récoltée, l’usine est implantée au cœur des champs des agriculteurs, dont une partie bénéficie d’un soutien de l’entreprise qui la débarrasse de ses déchets. Plus qu’une rémunération, FIBandCo les appuie dans la culture de leurs plantations : « un bananier c’est 95% d’eau et de liquide, et 5% de fibre une fois sec. Au moment de la production, nous venons récupérer le jus, que l’on met dans des cuves pour le laisser macérer. Nous rendons ensuite la matière créée aux planteurs qui l’utilisent comme un engrais naturel », explique Julien Tacco. Cette solution vient se substituer aux engrais chimiques : d’une pierre, deux coups.

L’innovation comme réponse à la crise sanitaire

Si FIBandCo fait ainsi bouger l’économie locale, la moitié de son chiffre d’affaires est réalisée à l’export. Distribuant des produits 100% Made in France, hauts de gamme et responsables, l’entreprise fait le bonheur des architectes et designers, mais souffre aujourd’hui des effets de la crise sanitaire. La faute à une insularité qui l’éloigne des pays avec lesquels elle traite. « On a développé un réseau de distributeurs spécialisés dans de nombreux pays. On a beaucoup de goulots d’étranglements liés à la logistique et, en cette période de confinement, on rencontre quelques difficultés sur les approvisionnements d’intrants et sur l’export des marchandises, dépendant du volume de bateaux et d’avions qui sortent de l’île ». Ajoutez à cela le balbutiement actuel des secteurs de la restauration et de l’hôtellerie avec lesquels travaille l’entreprise, et obtenez une bonne raison pour FIBandCo de se diversifier.

Si sa force tient dans ses valeurs et la qualité des matériaux qu’elle produit, l’entreprise peut aussi capitaliser sur sa capacité à se renouveler et à innover. « On aimerait travailler davantage avec d’autres French Fabers sur la métropole, et intervenir sur les emballages, la menuiserie et l’agencement d’intérieur. ». Julien Tacco et toute l’équipe pensent également à élargir leur gamme, et pourquoi pas, l’ouvrir au grand public. Pour se donner les moyens de ses ambitions, FIBandCo recrute. « Tout notre procédé de production et nos machines ont été créés en interne et sont brevetés dans de très nombreux pays. On cherche notamment des ingénieurs juniors en R&D, travaillant autour des produits biosourcés, des composites et des fibres naturelles. On essaye aussi, dans la mesure du possible, de donner l’opportunité à des jeunes Martiniquais partis étudier en métropole de revenir travailler sur l’île ». Etudiants, French Fabers, FIBandCo vous attend !