Avec France Immersive, Raynaut Escorbiac utilise les visites virtuelles pour promouvoir les trésors tricolores. Parmi eux, les usines françaises, qui pourraient profiter de cet élan technologique pour booster leur attractivité.

L’idée de Raynaut Escorbiac est partie d’un constat business simple : pour convaincre, il faut montrer. « En tant qu’entrepreneur, je me suis rendu compte que mon taux de transformation était largement supérieur lorsque j’emmenais mes prospects au cœur de mon activité, de mes process, au plus près des collaborateurs ». Pour lui, aucun doute, l’observation physique est plus forte que l’explication orale, le mécanisme cérébral bien différent dans un contexte réel. Paradoxe, cette réalité, c’est via les technologies virtuelles qu’il a décidé de la dévoiler.

D’Inersio à France Immersive

L’idée transformée en projet concret a donné naissance à Inersio, une solution proposant des visites virtuelles personnalisées à partir de vidéos 360° en ultra haute définition. Pour une expérience complète, Raynaut Escorbiac a d’abord misé sur le casque de réalité virtuelle Oculus GO comme « outil de téléportation ». Première entreprise à bénéficier de la technologie Aixoise, Marius Fabre a ouvert les portes de ses ateliers de fabrication traditionnelle de savon de Marseille pour mettre en avant, entre autres, l’authenticité de sa production. C’est avec le savoir-faire français que l’histoire a commencé. « L’idée a rapidement séduit, nous avons atteint un équilibre dès la première année, la deuxième s’annonçait fulgurante ». A Raynaut Escorbiac d’ajouter : « ça, c’était avant le drame ».

Le drame, c’est la Covid-19, qui est venue bouleverser l’activité de l’entreprise… Pour mieux la faire évoluer. Si avant la crise sanitaire, l’entrepreneur était réticent à créer un site web, il a finalement dit oui à l’option deux : « on a été obligé de se réinventer ». Plus encore, Raynaut Escorbiac a affiné l’angle de son projet : « en réfléchissant, on s’est aperçu que nos clients étaient tous ou presque français, qu’ils fabriquaient en France et employaient des gens en France. ». Ainsi, si l’entrepreneur avait déjà une grande appétence pour le “made in” bleu-blanc-rouge, l’Hexagone est désormais au coeur de son activité que l’on peut désormais retrouver sur le web sous l’appellation « France Immersive ».

La technologie au service du rayonnement de l’industrie française

Pour Raynaut Escorbiac, il s’agit de pouvoir « emmener un petit bout de France dans sa poche, n’importe où, n’importe quand ». En proposant une offre sur site web, sans nécessité de se procurer le casque VR, l’entrepreneur a finalement trouvé un moyen d’ouvrir ses visites au plus grand nombre. « On perd l’aspect téléportation mais on gagne en déploiement et en disponibilité. ». A l’heure où le confinement est la règle, le e-commerce pourrait bien être l’un des grands gagnants du dispositif. En pluggant les vidéos 360° des ateliers, usines et processus de fabrication de France Immersive à leurs sites de vente en ligne, les distributeurs ont toutes leurs chances de gagner en consommateurs convaincus. Mais le business n’est pas le seul intérêt du concept : ici, la French Tech se met aussi au service de la French Fab.

Derrière cette association se cachent plusieurs enjeux : redorer l’image des usines, créer de l’emploi et faire rayonner l’industrie française à l’étranger. Côté image et réputation, Raynaut Escorbiac se souvient : « à l’époque de mes grands-parents, l’industrie c’était Zola, à celle de mes parents on entendait « travaille à l’école sinon tu vas aller à l’usine ». Deux époques révolues, qu’il oppose à celle dans laquelle l’industrie s’affirme aujourd’hui, plus forte, plus innovante : « Aujourd’hui les usines françaises sont belles, propres, normées, sécurisées et on peut y trouver un travail intéressant ». Comment convaincre le grand public de ces changements ? Une fois encore, en montrant. Et pour vouloir montrer, il faut avoir confiance en ce qu’on expose au public. Et Raynaut Escorbiac l’affirme, les entreprises, qu’elles soient grandes ou modestes, sont fières de ce qu’elles sont et n’ont pas de raison de ne pas vouloir montrer leur réalité. « J’ai envie de leur dire « ouvrez vos portes, vous en sortirez plus fortes ». ». Plus fortes dans l’Hexagone comme à l’étranger, où l’industrie française ne demande qu’à rayonner pour mieux s’exporter.