Fondée en 2015, l’entreprise Algo paint se démarque dans le secteur du bâtiment en proposant une gamme de peinture créée à partir de composants naturels, locaux, biosourcés et renouvelables. Entreprise active d’Île-et-Vilaine, elle utilise la richesse de sa région pour verdir sa filière éco-construction. [FABrique durable]

Les peintures classiques sont à 65% composées d’éléments pétrochimiques. Pour en sortir, Lionel Bouillon, co-fondateur d’Algo paint, a en 2009 eu l’idée d’utiliser des algues, c’est-à-dire des composants naturels, biosourcés et renouvelables. Créée en 2015 après un dépôt de brevet en 2012, la startup basée à Rennes participe aujourd’hui à la démocratisation de l’utilisation de matériaux naturels dans le BTP. « Le monde de la peinture est très mondialisé puisque seulement 5 grands groupes internationaux détiennent 70% du marché mondial de ce secteur d’activité. Nous sommes une petite sardine face à des grosses baleines !», explique Lionel Bouillon dont la volonté a été de prendre le contre-pied de ces grands groupes traditionnels.  

En plus de valoriser des matières premières naturelles pour aboutir à un produit plus sain, Algo paint privilégie l’approche collaborative. « Une petite sardine un jour où l’autre se fait croquer alors qu’un banc de sardines peut résister.  Notre objectif est de faire grossir le banc pour qu’il devienne plus gros que la baleine. ». Algo paint travaille ainsi avec de nombreux laboratoires de recherche et développement locaux comme l’Ecole nationale supérieure de chimie de Rennes (ENSCR) ou le Centre d’étude de valorisation des algues (Ceva) et l’UNIFAP. 

Une nouvelle gamme de peintures extérieures 

Depuis des mois, Algo paint travaille à l’élaboration d’une gamme de peintures extérieures pour compléter ses deux gammes intérieures Algo Déco et Algo Pro. Pour apporter une résistance face aux intempéries, à l’usure et aux ultra-violet, la startup a travaillé pendant deux ans pour identifier le bon composant avant de trouver du carbonate de calcium dans la coquille Saint-Jacques. «La coquille Saint-Jacques présente deux intérêts majeurs. Il s’agit d’abord d’un produit naturellement très résistant. Ensuite, en nous rapprochant de la filière industrielle, nous nous sommes rendus compte que 90% des coquilles étaient valorisées par l’agroalimentaire et qu’une fois lavées, 70% d’entre elles finissaient en déchets parce qu'elles étaient abîmées », confie Lionel Bouillon.  

Il y a 6 mois, l’entreprise a déposé un brevet dans le cadre de la valorisation de ce déchet. « Nous récupérons la coquille une fois concassée avant d’y ajouter du carbonate de calcium pour donner à la peinture d’Algo les propriétés nécessaires pour être utilisée à l’extérieur ». La nouvelle gamme est commercialisée par des enseignes comme Leroy Merlin ou Biocoop. 

 

Algo paint c’est : 

Une entreprise fondée en 2015
Une équipe de 8 personnes
425 000 euros récoltés en 2015 grâce au financement participatif
Une levée de fonds d’un million d’euros en 2018