Lauréate du prix “10 000 startups pour changer le monde” (catégorie “Industrie du futur”organisé par La Tribune, l'entreprise Ewattch met l’innovation au service de la modernisation des usines françaises.  

« L’industrie 4.0, l’usine du futur… ce sont de beaux concepts et ils ont de quoi faire rêver. Toutefois, la réalité du terrain est tout autre. Les parcs des industriels ne sont pas homogènes et ces derniers n’ont pas les moyens financiers, ni organisationnels, de les renouveler entièrement. Alors pourquoi ne pas entrer dans l’avenir en commençant par le 3.4, le 3.5, avant d’atteindre le 4.0 », analyse Nicolas Babel, fondateur et président d’Ewattch.

L’entreprise vosgienne, créée en 2012, s’est adaptée aux demandes et contraintes des industriels, en misant sur l’IoT, l’internet of things. Elle propose une offre complète, allant des capteurs installés directement sur les machines existantes à des applications disponibles sur plateforme. « Alors que changer un parc peut coûter entre 60 000 € et 200 000 €, nous pouvons équiper une machine, quel que soit son âge, pour 1 000 € seulement, et en moins d’une heure », explique Nicolas Babel.

Concrètement, le capteur est placé sur la machine et remonte des informations, traitées par la plateforme, puis restituées sous la forme d’un tableau de bord. Les bénéfices ? Ils sont autant financiers qu’écologiques. « Nos données permettent d’améliorer la performance industrielle du parc, son taux de rendement synthétique. On va comprendre combien de temps chaque machine fonctionne, quand et pourquoi elle est à l’arrêt, pourquoi elle n’a pas été éteinte. Résultat, l’industriel peut améliorer ses temps de cycle, pour être plus compétitif, mais aussi considérablement réduire sa consommation énergétique. Or c’est un poste qui pèse lourd dans les budgets », confie le président d’Ewattch.

Le télétravail, une opportunité

Historiquement, Ewattch travaille avec les secteurs de la plasturgie, de la métallurgie et du verre, dont les parcs de machines sont importants mais hétérogènes. Avec la crise sanitaire, ses solutions attirent l’attention. « Les acteurs industriels ont un réel besoin de faire baisser leurs coûts, or nous leur offrons les moyens de franchir un gap industriel, en quelques heures seulement. Bien sûr, il existe des solutions plus complexes, plus pointues, mais aussi plus chères. Il est essentiel de se projeter dans l’avenir, mais pour réussir une transformation, nous croyons fortement à la notion de progressivité », explique Nicolas Babel.

Il voit aussi dans l’avènement du télétravail une opportunité, car la plateforme Ewattch permet de superviser les machines à distance, y compris sur smartphone. Quant aux applications possibles, elles ne cessent de s’élargir. En 2021, Ewattch lancera ainsi une plateforme prédictive de maintenance. Le lauréat du prix 10 000 startups pour changer le monde de La Tribune, dans la catégorie Industrie du futur, lance également une levée de fonds de 3 millions d’euros, afin de se positionner comme leader dans les solutions de connectivité industrielle. « Il y a tant de sujets en cours de développement que la notion de rapidité est importante. Il y a beaucoup à faire, nous allons bien nous amuser », s’enthousiasme le président d’Ewattch.