Le comité exécutif du Conseil national de l’industrie (CNI) s’est réuni lundi 14 septembre sur le site de l’usine Bic de Montévrain, en Seine-et-Marne. L’occasion pour Jean Castex d’appeler les industriels à s’emparer rapidement des outils mis en place dans le cadre du plan de relance. 

« Tout cela ne fonctionnera qu'à une seule et unique condition : votre totale mobilisation ! », a rappelé le Premier ministre lors du CNIqui s’est tenu en présence Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, d’Élisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, et d’Agnès Pannier-Runacher, ministre chargée de l’IndustrieAprès avoir dévoilé les mesures du plan France Relance dédiées au « réarmement industriel », le gouvernement encourage désormais tous les acteurs du secteur à se mobiliser. 

35 milliards d’euros du plan seront débloqués en faveur de l’industrie sur la période 2020-2022. Si les différentes filières ont souffert de la crise sanitaire, le gouvernement mise sur l’ensemble des acteurs du secteur pour s’imposer comme des leviers de relance économique. Un objectif qui s’articule autour de 4 axes majeurs : « décarboner l’industrie, (re)localiser des activités stratégiques critiques, moderniser l’appareil productif, et innover, en soutenant les investissements de recherche et développement mais aussi en préservant et en développant les compétences », rappelle un communiqué de presse.   

Préserver l’emploi et développer des compétences  

Si un premier guide à destination des différentes filières a déjà été publié, Jean Castex a tenu à décliner de nouveau les outils majeurs mis à leur disposition. Premiers points abordés lors du Conseil national de l’industrie : la préservation des emplois et le développement des compétences, présentés comme des « priorités absolues » lors de la conférence de presse dédiée à France Relance le 3 septembre dernier. Dans le cadre de ces enjeux, le Premier ministre a exhorté les entreprises à « conclure massivement et très vite, d'ici au 1er novembre, des accords d'activité partielle de longue durée » 

Anticipant une potentielle explosion du chômage, il a notamment insisté sur la « responsabilité » des filières industrielles vis-à-vis des jeunesCelles-ci doivent poursuivre « leurs efforts de recrutement et d’entrées en apprentissage ou contrats de professionnalisation, grâce aux accompagnements financiers prévus par l’Etat», peut-on lire dans le communiqué. 15 milliards d’euros du plan de relance sont consacrés à ces objectifs. 

Des premiers résultats concrets 

Si les résultats liés à l’emploi ne sont pas encore identifiables, Jean Castex a tenu à mettre en avant les premières mises en œuvre concrètes du plan. Ainsi, 800 millions d’euros ont d’ores et déjà été mis à disposition des entreprises dans le cadre de différents appels à projetsSur ce point, Jean Castex a profité de la tenue du Conseil national de l’industrie pour dévoiler les 24 premiers bénéficiaires des fonds de soutien à la modernisation des filières automobiles et aéronautiques. 15 millions d’euros de subventions, sur l’enveloppe globale de 300 millions dédiée aux deux secteurs seront ainsi distribués aux entreprises concernées. Des aides financières destinées à « diversifier leur activité, de moderniser et automatiser leurs procédés de fabrication, de diminuer l’impact de leur activité sur l’environnement ou encore de développer de nouveaux procédés.». 

Il est également rappelé que « 300 millions d’euros supplémentaires ont été engagés en 2020 pour soutenir la recherche et développement au sein des filières automobile et aéronautique, en particulier pour la transition écologique. ». 

Des initiatives partagées pour faciliter la mise en place du plan 

Dans un objectif d’action et d’identification rapide des projets à fort potentiel des Territoires d’Industrie, les régions ont été appelées à travailler en étroite collaboration avec les collectivités territoriales.  

Pour accélérer l’utilisation des outils mis à disposition des entreprises, le Premier ministre a également appelé les filières industrielles à se réunir dans le cadre du CNI pour travailler autour de deux axes :  

  • la mise en œuvre opérationnelle du plan de relance et l’orientation des entreprises 
  • l’intégration des enjeux clés du plan de relance dans les contrats stratégiques de chacune des filières 

La concrétisation des projets devra également passer par des mesures de simplification administrative, dont les premières ont été examinées lundi 14 septembre à l’Assemblée Nationale dans le cadre du projet de loi pour l’Accélération et la Simplification de l’Action Publique. 

Jean Castex a enfin rappelé le rôle de l’Europe dans la mise en place de France Relance. Au-delà des 40% du plan financés par l’union Européenne, le communiqué met en avant l’importance de la concrétisation de « partenariats entre les industriels européens, autour de projets structurants, notamment avec nos partenaires allemands dans différentes thématiques (cloud et hydrogène par exemple)».