La mobilité, largement couverte par le volet écologique du plan de relance, est un enjeu stratégique pour la diminution des émissions de gaz à effets de serre. Aménagements des territoires, sensibilisation aux moyens de transport alternatifs à la voiture, renforcement des transports en commun : le verdissement des déplacements est lancé.  

11 milliards d’euros dédiés aux transports, dont 5 milliards pour les transports en commun et 1,2 milliard en soutien aux collectivités territoriales. « La mobilité de l’avenir doit être respectueuse de l’environnement pour répondre aux défis du changement climatique et de la pollution de l’air. Le vélo et les transports collectifs (métros, tramways, bus en site dédié), répondent à cet objectif et peuvent apporter un service de qualité si les équipements correspondants sont à la hauteur des besoins. », peut-on ainsi lire dans les premières lignes du plan France Relance consacrées aux infrastructures et à la mobilité verte. Un objectif clair, pour un défi qui prend à partie de nombreux acteurs 

La prise de conscience des utilisateurs accélérée par la crise sanitaire 

Depuis la fin du confinement, les entreprises dont l’activité est liée aux nouvelles mobilités individuelles observent un regain d’activité. « Les demandes en provenance des communes ont explosé. La crise sanitaire a été un déclic pour beaucoup de gens. Miser sur le bien-être, faire du sport, prendre soin de la planète… Il y a eu une réelle prise de conscience. », explique Sylvaine Linden, co-fondatrice d’Ecoload, créateur de recharges solaires pour vélos, trottinettes et scooters électriques. Plus ouverts aux enjeux écologiques, les Français ont ainsi poursuivi la transition qu’ils avaient initiée en multipliant les recours aux moyens de transport alternatifs comme les vélos ou les trottinettes électriques. Une tendance qui s’est confirmée en Île-de-France : d’après une étude dévoilée par New Tank Cities et réalisée auprès de 12 000 personnes, 11,9% des Franciliens utiliseraient davantage leur vélo depuis le déconfinement. 

De nouvelles habitudes portées en parallèle par le gouvernement, qui a lui aussi profité du contexte pour accélérer l’adoption de ces nouveaux usages. Ainsi, déjà motivés par le « Plan vélo » lancé en 2018, les Français ont pu profiter, dès la fin du confinement, de deux nouvelles mesures liées à la mobilité : la mise en place d’une prime de 50 euros pour réparer son vélo et la distribution d’aides financières aux villes et départements pour préparer des pistes cyclables transitoires. Deux appuis de plus pour le ministère de la Transition Ecologique, dont l’objectif annoncé en 2018 était de passer de 3 à 9% de part modale vélo en 2024. Premiers déplacements visés, les déplacements professionnels quotidiens qui représentent 12% du total des émissions liées aux transports d’après les travaux du think tank du cabinet de conseil Bearing Point. 

Les déplacements professionnels en ligne de mire 

La voiture est en effet la grande gagnante des trajets professionnels, 80% d’entre eux étant effectués en quatre roues au niveau national, d’après l’étude détaillée par New Tank Cities. Une tendance qui ne s’est pas inversée après le confinement, les transports en commun ayant été boudés par les utilisateurs, refroidis à l’idée de partager les métros, bus, trams et autres RER. « Le secteur du transport public a souffert et souffre encore de cette notion de proximité qui génère des craintes après la reprise », confirme Pauline Dessertine, responsable communication d’Ubitransport, entreprise spécialisée dans la mise en place de solutions numériques de gestion temps réel des réseaux de transports publics. Transports en commun rejetés, voitures polluantes : s’ils ne s’affichent pas comme des solutions miracles, les moyens de transports alternatifs telles que les trottinettes ou l’ensemble des véhicules électriques ont le vent en poupe.  

Le fabricant de trottinettes électriques Trottix l’a bien compris et a choisi sa cible : les professionnels. « Ce sont les entreprises qui viennent nous voir. On a un panel de clients très large, qui ont de vrais besoins en matière de mobilité. Nous agissons en fonctionnement interne comme dans les aéroports, ou en fonctionnement externe, pour couvrir les trajets maison-lieu de travail ou permettre aux collaborateurs de se déplacer lors de leurs rendez-vous. », explique le fondateur de l’entreprise Arnaud Lacreuse. Et il l’affirme : « « Les clients cherchent la praticité, et les valeurs écologiques. Ils cherchent, certes, une solution de mobilité, mais ils sont contents de pouvoir associer cette initiative à l’environnement». Si Ecoload s’adresse à une cible plus large, les entreprises font également partie de ses clients, après les communautés de commune et les collectivités, demandeuses de solutions. Les territoires sont-ils prêts à accueillir toutes ces nouvelles mobilités ? « La réflexion y est, mais les villes ne sont pas toutes prêtes » affirme Arnaud Lacreuse 

Des différences de rythme selon les territoires 

Si la mise en place de flottes de scooters, vélos ou trottinettes électriques, et la recherche de solutions autour du « mass transit » sont aujourd’hui au cœur des stratégies des grandes villesle rythme entre métropoles et territoires plus ruraux diffère. Pauline Dessertine, d’Ubitransport, confirme : « Les territoires sont en demande. Le pass Navigo existe depuis des années à Paris, mais ça n’existe pas dans les régions plus rurales. Les usagers les poussent dans cette voix. ». Engagée dans la transition numérique des territoires, l’entreprise voit la mobilité comme un enjeu au carrefour de tout un écosystème : les motivations sont ainsi environnementales, mais aussi économiques et sociétales. On ne parle plus ici seulement de mobilité verte mais de mobilité durable 

Chez Ecoload, qui a dès sa création proposé une offre divisée en deux cibles ville et montagne, même constat : « Il y a encore beaucoup de travail à faire, notamment en ce qui concerne la sécurisation des cyclistes en ville et des infrastructures, mais ça avance dans le bon sens. De plus en plus de villes s’y intéressent et tentent de mettre en place de nouvelles politiques. ». Si la crise sanitaire a ouvert les consciences côté utilisateurs, la crise économique qui a suivi a accéléré la mise en place de mesures par le gouvernement via le plan de relance. Ce dernier implique, entre autres, des travaux de modernisation et d’amélioration des infrastructures de transports nationales, qui seront financés à hauteur de 550 millions pour l’ensemble des territoires français. Une initiative saluée par Pauline Dessertine : « On a beaucoup entendu parler de la filière automobile. Le fait que le plan de relance ait intégré une enveloppe dédiée aux transports du quotidien est une bonne nouvelle. » 

Les entreprises telles qu’EcoloadTrottix ou Ubitransport ont elles aussi leur rôle à jouer dans cette transition vers une mobilité plus verte. En proposant des alternatives d’abord, en prenant soin de l’environnement dans toute la chaîne de production ensuite. Dans un souci de cohérence et de valeurs, Ecoload et Trottix jouent toutes les deux la carte du Made in France. De quoi participer un peu plus à la décarbonation du pays, et à la relance économique en répondant aux ambitions de souveraineté de l’Etat français. D’une pierre, deux coups.