Créées il y 477 ans, Les Fonderies de Sougland ont traversé les siècles grâce à leur savoir-faire et à leur ouverture à l’innovation. Labellisées « Entreprise du Patrimoine Vivant » et « Vitrine industrie du futur », elles continuent de faire valoir leurs techniques ancestrales tout en s’inscrivant dans la mouvance des industries et usines du futur.

Yves Noirot, directeur général de l’entreprise, se sent investi d’une mission : « démontrer que des métiers qui paraissent sombres, poussiéreux, peuvent se tourner vers l’avenir ». A la tête des Fonderies de Sougland depuis 2014, il a participé à l’évolution de l’entreprise en pivotant vers un business model d’« apporteur de solutions ». Ainsi, si Les Fonderies continuent de produire, elles le font en petites et moyennes séries pour mieux se concentrer sur l’accompagnement des clients. Innovation, R&D, conseil, manufacture, derrière ces différentes expertises, un objectif atteint : la pérennité.

Capitaliser sur un savoir-faire historique

Les Fonderies de Sougland, c’est d’abord une forge et un fourneau. Créée en 1543 sous le règne de François 1er, l’entreprise a fabriqué des roues de chariots et des armes jadis, des poêles et des cuisinières hier, et des pièces techniques pour l’industrie, qui continuent d’animer son activité aujourd’hui. « En racontant l’histoire de l’entreprise, on peut aussi raconter l’histoire de France », affirme Yves Noirot. Si les têtes couronnées ont disparu, le savoir-faire, lui, perdure. Les Fonderies de Sougland se sont certes modernisées, mais le métal en fusion continue de s’écouler des fours dans les moules grâce à l’Homme. « Tout le savoir-faire passe par l’intellect et les mains de nos maîtres-artisans. J’aimerais que le métier de fondeur soit reconnu, trouver des Meilleurs Ouvriers de France dans la profession », confie le DG.

Mais capitaliser sur le savoir-faire traditionnel n’implique pas de mettre de côté l’innovation. Labellisées « Entreprise du Patrimoine Vivant », Les Fonderies de Sougland peuvent également, depuis 2017, s’appuyer sur le label « Vitrines Industrie de Futur », qui a récompensé l’évolution de leur modèle économique.

Un nouveau modèle économique salvateur

Yves Noirot tient à le préciser : « Ce n’est pas la numérisation ou la robotisation qui nous a valu ce label, c’est un tout. » Un tout qui se résume aujourd’hui par un triptyque cher au directeur général : « Les trois i », Investissement, Innovation et International. Concernant l’Innovation, c’est tout le business model des Fonderies de Sougland qui a été revu pour construire son avenir. « Notre objectif n’est pas uniquement de fabriquer des pièces », explique ainsi le DG. Aujourd’hui « apporteur de solutions », le modèle économique de l’entreprise s’appuie sur l’accompagnement technique de ses clients.

Pour mener à bien cette ambition, Yves Noirot a notamment intégré la R&D en interne et recruté dès 2016 une chercheuse missionnée pour la réalisation d’études. Avec une certification « Crédit Impôt Recherche » obtenue en 2017, il compte également sur le conseil, auquel une équipe et des outils technologiques tel qu’un logiciel de simulation de coulée sont dédiés. En diminuant le nombre de prototypes nécessaires à la conception d’une pièce et, a fortiori, en diminuant les coûts, un partenariat en impression 3D est un autre atout pour l’entreprise, qui travaille dans une logique de co-conception avec ses clients.

A côté des fours et des moules, l’innovation transpire ainsi dans les bureaux, les consultations de prospects et la fidélisation des clients est à son apogée… Et les nouveaux talents ne boudent plus la Thiérache, où Les Fonderies de Sougland ont élu domicile dès leur création.

L’importance de la transmission

Ambassadeur engagé French Fab, Yves Noirot est également actif en tant que Président de la METS (Maison des Entreprises de Thiérache et de la Serre).

« La Thiérache, le territoire sur lequel nous sommes implantés, est un territoire manquant d’attractivité et difficile d’accès (45 minutes de la première sortie d’autoroute). Nous faisons d’ailleurs partie des 148 territoires d’industrie aidés pour la renaissance industrielle française dans les territoires. Il est certain que notre stratégie d’innovation attire les talents. »

Labellisées « FRANCE SAVOIR-FAIRE D’EXCELLENCE » il y a un an au quai d’Orsay, Les Fonderies de Sougland font partie des 100 entreprises Françaises d’exception qui sont ouvertes aux visites. « Ces visites permettent de susciter des vocations, d’attirer des talents et des clients Français et Etrangers avec demain un musée qui viendra accroître l’envie de faire un détour pour découvrir notre territoire, notre histoire, notre présent et nos projets pour le futur ».

La transmission est une notion capitale pour Yves Noirot. Transmission du savoir-faire d’abord, au nom de laquelle il a créé en 2019 un centre de formation. Personnel interne, clients, fournisseurs, confrères, demandeurs d’emploi, la porte est ouverte à tous ceux qui souhaitent se former au savoir-faire traditionnel de la fonderie, mais aussi à tout l’écosystème créé par Yves Noirot, lié à la R&D, au management ou aux outils numériques.

Pour le DG, la transmission ne se fait pas uniquement d’Homme à Homme, mais aussi d’Homme à Terre. Plus que de faire partie de l’ADN de l’entreprise, l’écologie « fait partie de la culture, elle est dans les tripes des dirigeants et du personnel » des Fonderies de Sougland, affirme Yves Noirot. L’entreprise travaille ainsi en économie circulaire et est certifiée ISO14001 (norme liée au management environnemental) depuis plus de 20 ans. « Nous n’avons pas attendu la Covid-19 pour innover et être vert. Nous le sommes depuis de très nombreuses années. Ce moment difficile nous a néanmoins confirmé l’idée que notre stratégie est la bonne ». Une stratégie menée de front par Florence Lang, présidente de l’entreprise depuis 1998.

Passé, présent, futur, Yves Noirot est confiant : « nous avons vécu des choses, nous sommes en train d’en vivre et nous préparons l’avenir ». Un avenir qui sourit aux 70 employés des Fonderies de Sougland, qui participent à la transmission de leur savoir-faire traditionnel en intervenant au sein du centre de formation tout en s’ouvrant aux évolutions technologiques et numériques.

 

Crédit photo : © Xavier Hénocq / La Thiérache