Agnès Pannier-Runacher a présenté lundi 7 septembre deux des mesures du plan de relance dédiées à la modernisation de l’industrie. 460 millions d’euros seront déployés via des subventions, dotations et fonds de soutien dans le cadre de ces premières initiatives.  

« On s'aperçoit que dans un certain nombre de secteurs, les entreprises, notamment les PME et les ETI, n'ont pas nécessairement eu la capacité de se moderniser. Cela pèse sur leur qualité, leur réactivité et leur compétitivité », a affirmé la ministre déléguée à l’Industrie lors de son intervention à Lagny-Sur-Marne, chez le sous-traitant de l’automobile SFOBPour pallier ces lacunes, plusieurs mesures vont être initiées, dont deux ont été détaillées par Agnès Pannier-Runacher : la mise en place d’une subvention « industrie du futur » et le lancement d’une nouvelle enveloppe de « Prêts French Fab ».  

Investir dans les nouvelles technologies grâce à la subvention « industrie du futur » 

Mis en place en janvier 2019, le suramortissement permettant aux PME de déduire de leur résultat imposable 40% de la valeur d’origine de certains biens affectés à leur activité industrielle sera remplacé par l’instauration d’un mécanisme de subvention. Nommée « industrie du futur », cette allocation permettra aux PME et ETI industrielles de bénéficier d’un soutien financier de l’Etat dans leurs investissements dans les nouvelles technologiesPour prétendre à cette aide financière, les entreprises devront investir dans des biens répondant aux catégories précisées dans le décret, tels que les équipements de fabrication additiveles équipement robotiques et cobotiques ou encore les équipements de réalité augmentée et de réalité virtuelle utilisés pour des opérations de conception, de fabrication ou de transformation.  

Plus incitative et plus rapide que le suramortissement, cette mesure sera mise en place à hauteur de 40 millions d’euros en 2020, 140 millions en 2021, et cette même somme en 2022, soit 320 millions en tout.  

Relance du « Prêt French Fab » 

Commercialisé dès 2016 mais abandonné en 2019 faute de dotations publiques suffisantes, le « Prêt French Fab » bénéficiera d’une nouvelle enveloppe dans le cadre du plan de relanceDoté de 45 millions d’euros par l’Etat, le dispositif permettra à Bpifrance de mettre à disposition des PME et ETI françaises entre 400 à 500 millions d’euros de prêtsPour favoriser leurs investissements industrielmatériels et immatériels, celles-ci pourront ainsi prétendre, dès le mois d’octobre, à des montants compris entre 100 000 euros et 5 millions d’euros, sur une durée modulable de 2 à 12 mois.  

Deux premiers bénéficiaires du fond de soutien automobile 

En parallèle de ces mesures, des initiatives sectorielles ont déjà été mises en place. Parmi elles, un fonds de soutien aux investissements de modernisation de la filière automobile, destiné à « aider les entreprises à gagner en compétitivité, par une accélération des investissements d’automatisation et de numérisation de leurs procédés industriels », précise un communiquéPrésenté par Emmanuel Macron dans le cadre du Plan de soutien à l’automobile le 26 mai dernier, ce fonds est doté à hauteur de 200 millions d’euros.  

Dans ce contexte, un Appel à Manifestation d’Intérêt a été lancé auprès des entreprises de la filière cet été, dont les deux premiers projets retenus ont été annoncé par Agnès Pannier-Runacher. Parmi les initiatives recensées, celles des PME industrielles SFOB et Comptoir Général de Ressort Sarrebourg ont d’ores et déjà été validés. 540 projets « à haut potentiel » ont été déposés le 23 juin et le 31 juillet dernierun bonne nouvelle pour Agnès Pannier-Runacher : « C'est très encourageant, cela montre que nos industriels ont enfin envie d'aller de l'avant ».